Selon le Réseau européen contre le racisme, les femmes musulmanes sont aujourd'hui discriminées dans le monde de l'entreprise.

Dans le monde du travail, les musulmanes françaises sont régulièrement discriminées. Le Réseau européen contre le racisme dénonce cette situation dans un rapport.

Un rapport du Réseau européen contre le racisme (ENAR), intitulé « Femmes oubliées », tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’islamophobie à l’encontre des femmes musulmanes de huit pays européens. En Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni, les femmes musulmanes sont, explique l’ENAR, discriminées à l’embauche. Concernant l’Hexagone, l’ENAR dresse un portrait plus que catastrophique de la situation des femmes musulmanes.

Le monde du travail, berceau de la discrimination

Le Réseau européen contre le racisme rappelle que les politiques n’y sont pas pour rien, redisant que Nicolas Sarkozy, l’ancien président de la République, avait déclaré : « Nous ne voulons pas de femmes voilées. » Il rappelle également les propos de Manuel Valls sur le voile qui, selon lui, « empêche aux femmes d’être ce qu’elles sont. » « Ces deux déclarations illustrent les niveaux de violence et de rejet auxquels les musulmanes françaises font face », dénonce l’ENAR, qui estime qu’« aucune musulmane portant un voile n’a de responsabilité politique, que ce soit dans un parti, dans un conseil municipal (en réalité, il existe des conseillères municipales voilées, ndlr) ou au gouvernement. »

Surtout, dans son étude, l’ENAR parle de travail et d’Islam. Rappelant notamment les chiffres du CCIF selon lesquels « 18,6% des actes (discriminations et violences) islamophobes enregistrés se sont déroulés dans le monde du travail » et « 81,5% des actes et discours islamophobes sont commis contre les femmes. » Ainsi, le Réseau effectue quelques recommandations, parmi lesquelles celle d’« inclure une focale de genre dans le plan d’action national de lutte contre le racisme afin de mieux adresser les discriminations multiples auxquelles les femmes appartenant à des minorités ethniques et religieuses font face », mais aussi celle de « reconnaître l’islamophobie comme forme spécifique de racisme. »

La synthèse du rapport (en français) est disponible ici.

Yassine Bannani

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