En mettant en place une véritable dictature saoudienne, les autorités du pays montrent que leur façon de diriger n'est pas très halal.

L’Arabie Saoudite veut imposer ses règles concernant le halal au monde entier. Mais un pays qui emprisonne arbitrairement ses citoyens et qui a tiré un trait sur les droits de l’Homme, cela pose un sérieux problème de conscience.

Ali Mohammed Al-Nimr avait 17 ans lorsqu’il a participé à des manifestations contre le gouvernement à Qatif, dans l’est de l’Arabie saoudite. Neveu d’un opposant historique aux autorités, le simple fait d’avoir manifesté lui vaut aujourd’hui une condamnation à mort. Selon l’Organisation des Nations Unies, Ali Mohammed Al-Nimr peut être exécuté « à tout moment. » Et la méthode est digne du Moyen-Âge : le 27 mai 2014, le jeune homme avait été condamné à mort par crucifixion par le tribunal pénal spécial de Djedda. Malgré un appel – qui a été rejeté –, la peine d’Ali Mohammed Al-Nimr ne pourra pas être revue par un quelconque tribunal dans cette dictature saoudienne.

Aucun respect de l’Homme ni de l’animal

Evidemment, les organisations de défense des droits humains dénoncent cette peine. Et c’est légitime : l’Arabie Saoudite veut se poser en figure de proue de l’Islam, allant jusqu’à considérer le chiisme, le kharidjisme ou encore le soufisme comme des déviances de la religion. « L’islam a subi ces derniers années des changements qui n’ont rien avoir avec la religion que nous a transmis notre prophète » expliquait il y a peu le ministre des Affaires islamiques, le Cheikh Saleh Bin Abdulaziz Al-Cheikh. Esclavagisme, répression de la contestation, exécutions à n’en plus finir… Est-ce cela l’Islam ? C’est en tout cas la définition des Wahhabites aujourd’hui.

L’Arabie Saoudite veut s’ériger en patronne du halal, donne sa propre définition de la « halalité », en autorisant notamment l’électronarcose sans se soucier de son ampérage. Dans un pays où on ne respecte pas sa propre population, peut-on espérer y trouver la véritable définition du halal, qui se doit de respecter l’animal mais aussi les employés qui participent à son abattage ? L’Arabie Saoudite démontre en tout cas que le principe qui est le sien, celui du daawa wal irchad (« prosélytisme et propagation de la foi ») doit être évité à tout prix : celui-ci ne respecte ni les droits humains ni, finalement, les préceptes de l’Islam. D’autant plus lorsqu’on voit, sur cette vidéo Facebook, comment sont traités les moutons. Vous avez dit halal ?

Yassine Bannani

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