Deux premiers cas de nouveau coronavirus ont été recensés dans la bande de Gaza, a annoncé  le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne.

 

Les deux personnes, des Palestiniens de retour du Pakistan, n’ont pas quitté le centre de quarantaine situé près de la frontière avec l’Egypte et ne se sont pas mélangés avec la population de l’enclave, a précisé le ministère dans un communiqué.

 

Il s’agit de deux hommes de 30 et 40 ans qui se trouvent dans un état stable, a précisé le porte-parole du ministère de la Santé Ashraf Al-Qudra.

 

Les experts estiment qu’une épidémie de coronavirus dans la bande de Gaza serait particulièrement désastreuse en raison de la très forte densité de population, du taux de pauvreté élevé et des infrastructures sanitaires défaillantes.

 

Les écoles de Gaza sont fermées et les autorités ont imposé le confinement à quelque 2.700 Palestiniens récemment entrés dans l’enclave depuis l’Egypte par le poste-frontière de Rafah.

 

Mais l’enclave ne dispose pour le moment que de 60 lits en soins intensifs et est confrontée à une pénurie de personnel, s’alarme Gerald Rockenschaub, qui dirige le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les Territoires palestiniens.

 

« Le système de santé a dépéri en raison du blocus. Cela se traduit par une pénurie d’électricité, de médicaments de base et de main-d’oeuvre », explique-t-il. Et « Plus de 90% de l’eau potable est impropre à la consommation humaine ».

 

Israël affirme faire tout son possible pour s’assurer que du matériel médical parvienne à Gaza et avoir facilité l’acheminement de 500 kits de dépistage.

 

Pour l’heure, il autorise la sortie des Gazaouis souffrant d’un cancer ou d’une autre maladie grave pour un traitement en Israël ou en Cisjordanie. Mais il n’est pas clair si une cette autorisation serait maintenue avec l’arrivée du virus à Gaza.

 

Matthias Schmale, un responsable de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) met en garde: « si l’épidémie en vient à nécessiter plus de 60 lits en soins intensifs, la situation deviendra très difficile et pourrait bien se transformer en un gigantesque désastre ».