« Il faut une forte mobilisation face à ce projet dangereux, pour les Palestiniens, pour Israël et pour la paix au Moyen-Orient », a affirmé en conférence de presse le député Hubert Julien-Laferrière (groupe EDS, transfuges du parti présidentiel LREM issus de son aile gauche), à l’initiative du texte.

Le gouvernement israélien avait fixé au 1er juillet la date à partir de laquelle il pourrait se prononcer sur la mise en oeuvre du plan américain pour le Proche-Orient, qui prévoit notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et de colonies juives établies en Cisjordanie, un territoire palestinien que l’Etat hébreu occupe depuis 1967.

« Face à cette menace imminente, nous appelons à une reconnaissance par les 27 Etats membres de l’Union européenne de l’Etat de Palestine. A défaut, cette reconnaissance doit pouvoir se faire de manière unilatérale par la France », ont expliqué ces députés et sénateurs dans une tribune récente au quotidien Le Monde.

« Aujourd’hui, le statu quo n’est plus possible, le futur Etat de la Palestine est en train de devenir un Bantoustan. Il faut, à l’instar de plus de cent pays dans le monde et d’une dizaine de pays européens, reconnaître l’Etat de Palestine parce que la colonisation est interdite par le droit international, même si on n’est pas aux premières violations du droit international par Israël », a ajouté mercredi M. Julien-Laferrière, vice-président du groupe d’études France-Palestine.

Le président Macron a demandé mi-juillet au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de renoncer à tout projet d’annexion de territoires palestiniens. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont également pris une position identique sur le sujet.

Mais pour les parlementaires, il faut « maintenir la pression » pour que « l’État d’Israël ne commette pas l’irréparable ».

« Il y eut une période où la question palestinienne mobilisait », a rappelé le député MoDem (centre) Bruno Joncour, regrettant « l’indifférence » actuelle. « Depuis plusieurs décennies, chacun parle de la reconnaissance de deux Etats et n’en reconnaît qu’un seul », a déploré le président du groupe d’étude France-Palestine.

Le sénateur Gilbert Roger, président du groupe d’amitié France-Palestine du Sénat, a indiqué que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian leur avait assuré que « la France n’accepterait pas tout ou partie d’une petite colonisation ».