Ils ont remis un large dossier à la Cour basée à La Haye, contenant selon eux des preuves que la Chine avait pratiqué des stérilisations forcées et enfermé plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres minorités majoritairement musulmanes dans des camps de rééducation.

Pékin parle de son côté de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l’éloigner ainsi de l’extrémisme et du terrorisme.

« Aujourd’hui est un jour très historique pour nous », a déclaré mardi Salih Hudayar, Premier ministre du gouvernement autoproclamé en exil du Turkestan oriental, lors d’une visioconférence.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n’a aucune obligation d’examiner les requêtes déposées auprès de sa procureure, qui décide indépendamment des affaires à soumettre aux juges.

Les preuves déposées à la Cour démontrent que les dirigeants chinois se sont rendus coupables de « mesures répressives sévères » depuis plus d’une décennie, a affirmé Rodney Dixon, un avocat des droits humains, à  l’occasion de la conférence.

« Il s’agit notamment d’internements de masse de plus d’un million de personnes, de meurtres, de disparitions, de tortures et de récits poignants de stérilisations et de mesures de contrôle des naissances », a-t-il expliqué.

Le dossier comprend une liste de hauts dirigeants du Parti communiste chinois qui seraient responsables de ces traitements envers les Ouïghours, dont le président Xi Jinping.

Même si la Chine n’est pas membre de la CPI, la juridiction pourrait suivre l’exemple de son enquête en cours sur les crimes présumés commis contre la minorité musulmane rohingya en Birmanie, qui n’est pas non plus un Etat membre, avance M. Dixon.

Les juges ont donné leur feu vert à cette enquête en 2019 car la situation affecte le Bangladesh voisin, membre de la CPI.

L’enquête souhaitée par des Ouïghours exilés serait également possible parce que des crimes, y compris des expulsions forcées vers la Chine, se sont produits au Tadjikistan et au Cambodge, qui sont tous deux membres de la Cour, selon le dossier qu’ils ont déposé.