Un groupe d’experts et d’avocats des droits humains, a publié un rapport sur le traitement inhumain, infligé à la population Ouïghoure. Après plusieurs mois d’enquête, le document final apporte des précisions sur les violations des droits de l’Homme, relevant du « génocide » et des « crimes contre l’humanité ».

Ce rapport de 63 pages découle du travail de longue haleine d’experts et avocats internationaux spécialisés dans les droits humains. Réunis à Londres ce jeudi 09 décembre, ils ont conclu que la façon dont la Chine traite la minorité musulmane ouïghoure relève du génocide. Ce groupe de neuf membres, communément appelé « Tribunal ouïghour » fait état des exactions commises, après l’écoute et l’examen de nombreux témoignages et preuves, incriminant le régime chinois.

Les conclusions de ce rapport, rendues publiques, ont également été envoyées à l’Organisation des Nations-Unies. L’instance onusienne juge « profondément troublantes » ces révélations, sans pour autant se positionner sur le « génocide ». Pour Rupert Colville, Haut-Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme à Genève « le « tribunal ouïghour » a mis en lumière de nouvelles informations profondément troublantes concernant le traitement des Ouïghours et des autres minorités musulmanes du Xinjiang. Nous sommes évidemment toujours en train de l’examiner, c’est un long document, mais nous avons bien sûr identifié des schémas similaires de détention arbitraire et de mauvais traitements dans les institutions, des pratiques de travail coercitives et une érosion des droits sociaux et culturels ».

Pékin réfute toutes ces allégations « mensongères ». Le régime de Xi Jinping refuse depuis des années les visites de représentants internationaux ou indépendants, désireux de faire la lumière sur les traitements de ces populations. Michelle Bachelet, la cheffe de l’ONU pour les droits de l’Homme a demandé un « accès significatif et sans entrave » au Xinjiang. Une requête rejetée à chaque demande. Pékin a signifié qu’elle ne peut autoriser les visites dans cette région de son territoire, que si et seulement si, elles s’inscrivent dans un cadre « amical ».

Plus d’un million de Ouïghours et d’autres minorités musulmanes ont été incarcérés, dans les camps du Xinjiang. La répression du régime chinois n’a fait que grandir, au fil des années, sous le silence complice de la communauté internationale. La campagne de boycott diplomatique lancée à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver, prévus en février prochain peut être interprétée comme une prise de conscience globale. Cela dit, elle traduit en réalité la rivalité du « bloc occidental » face à l’expansion du régime chinois. Elle est le reflet de la réelle dynamique des relations internationales.

Le sort des Ouïghours, porté par des organisations non gouvernementales, des associations de défense des droits humains ou encore certaines personnalités publiques, est devenu le jeu des politiques. A quand une prise de position internationale, contre les traitements indignes ? Comment continuer à cautionner de telles violations, à l’heure où les valeurs démocratiques sont plus que jamais mises en avant ?