Alors que débute le procès de l’attentat de « Charlie Hebdo », l’hebdomadaire a décidé de publier les caricatures du Prophète qui avaient fait polémique il y a quinze ans. Douze dessins, initialement publiés par le quotidien danois Jyllands-Posten, qui avaient provoqué des manifestations, parfois violentes, un peu partout dans le monde.

Le quotidien satirique a republié ces caricatures avec un titre : « Nous ne renoncerons jamais ». La rédaction du journal avait, près de dix ans plus tard, été décimée par une attaque terroriste. Riss, le directeur du journal, explique : « La haine qui nous a frappés est toujours là et, depuis 2015, elle a pris le temps de muer, de changer d’aspect pour passer inaperçue et poursuivre sans bruit sa croisade impitoyable ».

« On nous a souvent demandé depuis janvier 2015 de produire d’autres caricatures de Mahomet. Nous nous y sommes toujours refusés, non pas que cela soit interdit, la loi nous y autorise, mais parce qu’il fallait une bonne raison de le faire, une raison qui ait un sens et qui apporte quelque chose au débat », poursuit le patron de « Charlie ».

Dans le même temps, des tags et des caricatures du Prophète ont été découverts sur la grande mosquée de la ville de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Un acte de vandalisme qui s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi. Des messages comme « Islam dehors » et des dessins issus de « Charlie Hebdo » ont été découverts au petit matin.

Le ministre de l’Intérieur a dit tout son « dégoût face à la découverte ce matin de tags injurieux sur une mosquée de Tarbes. Ces actes n’ont pas leur place dans notre République ». Si « Charlie Hebdo » prône le droit au blasphème, cette profanation choque. Le maire de Tarbes se dit de son côté « indigné » et « adresse toutes (ses) pensées et (son) soutien à la communauté musulmane tarbaise, profondément heurtée ».