Une députée de droite demande que l'on indique, dans la Constitution française, que la France est un pays aux racines chrétiennes.

Une députée des Républicains voudrait que soit inscrites dans la Constitution les racines chrétiennes de la France. Pas très laïque, tout ça…

La France est un pays dont les racines sont chrétiennes. Voilà, en substance, le message véhiculé depuis un peu plus d’un an par les politiques de droite et d’extrême droite. Alors que se joue en ce moment la révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale, une députée du groupe Les Républicains a indiqué avoir fait la demande d’« inscrire nos « racines chrétiennes » dans notre constitution. » Pour Valérie Boyer, l’initiatrice de cette proposition, ce « serait un signal fort contre Daech. »

Rappeler pourquoi la France est la France

L’article 1 de la Constitution de 1958 est pourtant clair : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Valérie Boyer affirme en être consciente… « La France est une république laïque d’influence et de valeurs chrétiennes », préfère-t-elle dire. « Le christianisme a profondément marqué les sociétés européennes contemporaines et leurs Constitutions aux côtés de la philosophie grecque, le droit romain, la Renaissance ou le siècle des Lumières », ajoute-t-elle.

Et lorsqu’on lui rétorque que cela va à l’encontre de la laïcité, Valérie Boyer répond du tac-o-tac que « cet amendement n’impose pas un dieu, ni une pratique religieuse mais a pour objectif de rappeler dans notre Constitution pourquoi la France est la France. » Sauf que la France est la France aussi parce qu’elle a traversé des guerres, qu’elle a fait la révolution, parce qu’elle est une terre de culture, mais aussi parce qu’elle a appris de ses erreurs. Si l’on devait suivre le raisonnement de Valérie Boyer, ce ne serait pas un article qu’il faudrait ajouter à la constitution, mais la réécrire complètement. Or, pour cela, il y a les livres d’Histoire, non ?

Pierre Z. Lajarge

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