En contrevenant à l'article 10 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, certaines mairies ont mis fin à ce document, symbole de liberté.

Alors que l’on devait fêter l’anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, les derniers événements viennent semer le doute quant à l’application de ce texte censé garantir la liberté de penser.

C’était il y a 227 ans jour pour jour. Le 26 août 1789, l’Assemblée constituante adopte la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Alors qu’on aurait pu fêter, ce vendredi 26 août, son 227e anniversaire, nous sommes au regret d’apprendre que cette déclaration n’est plus qu’un document à retrouver dans les livres d’histoire. Même s’ils sont encore plusieurs à croire en sa résurrection, comme l’Observation de la laïcité, qui assure que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est « un des fondements juridiques de la laïcité. »

Cet article 10 indique que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Mais force est de constater que cet article est, depuis plusieurs jours, bafoué par certaines municipalités. En effet, les arrêtés municipaux de Cannes, une ville suivie par d’autres, interdisant le burkini semblent contraires à celui-ci. Et si le doute est parfois permis — le « trouble à l’ordre public » peut se discuter, selon le tribunal administratif de Nice —, il s’efface lorsque des policiers municipaux verbalisent des femmes voilées. Des femmes qui, assises sur les plages, affichent d’un simple signe leurs opinions religieux et qui, en aucun cas, ne troublent l’ordre public. Oui, lorsque cette femme a été verbalisée pour le port du voile, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen est bel et bien morte, à l’aube de son 227e anniversaire.

Pierre Z. Lajarge

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