Le Canada et la France sont tous les deux confrontés à une islamophobie grandissante. Outre-Atlantique, nombreux ont été les actes antimusulmans ces derniers mois, qui ont ébranlé la communauté musulmane.

En France aussi, des mosquées ont subi des dégradations et, selon les statistiques officielles, le nombre d’actes islamophobes a augmenté en 2020, là même où les actes racistes ou contre d’autres religions ont baissé.

 

Le point commun entre le Canada et la France s’arrête là. Car si, de l’autre côté de l’océan, le gouvernement fait tout pour faire baisser l’islamophobie, en France, c’est tout le contraire. Paris multiplie en effet les actes hostiles contre des associations et des mosquées, et semble avoir érigé les musulmans en ennemis de la République.

 

Bien que cela ait débuté avant, après le meurtre de Samuel Paty, la communauté musulmane française a été la cible privilégiée de Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur s’est d’abord attaqué aux associations et ONG musulmanes, comme le CCIF ou BarakaCity, allant jusqu’à dissoudre administrativement ces dernières.

Après l’Aïd, le ministre a poursuivi sa chasse aux musulmans en demandant la révocation de deux imams, à Gennevilliers, dans les Hautes-de-Seine, et à Saint-Chamond, dans la Loire.

 

En février dernier, le ministre de l’Intérieur avait montré son vrai visage, allant jusqu’à accuser Marine Le Pen de « mollesse » vis-à-vis de l’islam. Sous couvert de vouloir combattre l’islamisme politique, Darmanin s’est lancé dans une série d’attaques en règle contre des mosquées, des associations et des imams. Difficile, après tout cela, de déplorer les chiffres grandissants de l’islamophobie.

 

Au Canada, le contexte est différent. Malgré une islamophobie qui amène à des drames, le Premier ministre canadien Justin Trudeau refuse d’apporter de l’eau au moulin des islamophobes. Lors d’une sortie ces dernières heures, le Premier ministre canadien a assuré que l’islamophobie « n’a pas sa place » au Canada. « Ultimement, la politique de la division ne peut pas s’enraciner si nous refusons d’être divisés. Et la haine ne peut s’intégrer si nous nous élevons contre elle », a-t-il poursuivi.

 

Le Premier ministre canadien participait d’ailleurs à un sommet national sur l’islamophobie, ce que ne risque pas de faire Gérald Darmanin en France. « Les institutions devraient soutenir les gens, pas les cibler », a par ailleurs déclaré Justine Trudeau, qui sait qu’il reste énormément de travail. Mais « aucune femme au Canada ne devrait se sentir en danger quand elle marche dans la rue, peu importe ce qu’elle porte et peu importe la couleur de sa peau », a précisé le Premier ministre, qui semble aux antipodes des valeurs de Gérald Darmanin.