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Coupe du Monde : pourquoi des entraîneurs blancs à la tête de sélections africaines ?

Le mythe du « sorcier blanc », l’entraîneur européen qui remporte des compétitions avec une sélection africaine existe-t-il vraiment ? Entre sportif et sociétal, le débat fait rage.

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Le tweet a fait polémique, bien qu’il ait été retiré très rapidement du compte de la journaliste d’AJ+ qui l’avait rédigé. Un tweet qui parlait des « colonisés de Marocains. » Après la défaite du Maroc face au Portugal, la journaliste estimait qu’ « avoir un entraîneur blanc, ça ne fait pas gagner », en référence à Hervé Renard, entraîneur des Lions de l’Atlas. Malgré la maladresse de son post, Yasmina Bennani posait ensuite une vraie question en indiquant trouver « juste dommage que presque tous les pays africains ne fassent pas appel à des entraîneurs locaux. »

« Méconnaissance » et « relents du colonialisme » ?

Pourquoi les entraîneurs blancs ont-ils autant la cote en Afrique ? Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille, expliquait à AJ+ que lorsque des sélections africaines prennent des entraîneurs européens, c’est « de la méconnaissance » et « des relents du colonialisme. » Diouf rappelle notamment que la Côte d’Ivoire a remporté sa première Coupe d’Afrique des Nations avec une entraîneur ivoirien. Sur les cinq équipes africaines engagées, il faut tout de même souligner que deux d’entre elles ont embauché des sélectionneurs nationaux : la Tunisie et le Sénégal.

Aliou Cissé est le sélectionneur des Lions de la Teranga. Et pour lui, la question de la couleur de peau n’entre pas en considération dans le choix des entraîneurs : « C’est bien que je sois le seul entraîneur noir de cette Coupe du Monde, même si c’est un sujet qui me gêne, dit-il. Aujourd’hui le football est un sport universel et je crois que la couleur de la peau n’a pas d’importance. » Le sélectionneur du Maroc, le Français Hervé Renard, a en effet certainement été pris pour son palmarès — deux Coupes d’Afrique des Nations au compteur — que pour sa couleur de peau. Dans un article, Libération explique « pourquoi il faut en finir avec le ‘sorcier blanc’. »

« Cela n’a vraiment pas grand-chose à voir avec la nationalité de l’entraîneur »

Le quotidien estime que la diversité s’explique simplement par une « globalisation mondiale du football. » Cependant, nuance le journaliste de Libé, « la notion même de ‘sorcier blanc’ fait référence à une figure particulière de l’époque coloniale, qui est celle du missionnaire. » Mais certains entraîneurs, qui se sont vu affubler du surnom de « sorcier blanc », sont loin de se sentir en mission. Comme Claude Le Roy, qui est simplement tombé amoureux de l’Afrique et qui affirme que les Européens qui réussissent sur le continent sont ceux qui s’y installent. « Il y a certains entraîneurs européens, pour moi, c’est de l’imposture », dit-il pour critiquer les opportunistes qui ne passent que deux jours par mois dans le pays dont ils entraînent la sélection.

Et du côté des fédérations africaines, on assure que la couleur de peau n’a rien à voir avec les choix sportifs. Kwesi Nyantakyi, président de la fédération ghanéenne, a indiqué que « cela n’a vraiment pas grand-chose à voir avec la nationalité de l’entraîneur. C’est la compétence de l’entraîneur. Si nous avons un entraîneur ghanéen qui peut gagner un tournoi, super. Un Européen, c’est génial aussi. » Seul critère important pour les entraîneurs français : la langue. Pour des raisons linguistiques, les sélectionneurs venus de l’Hexagone réussissent plus facilement que les autres. Mais là encore, tout est question d’histoire et renvoie à des épisodes douloureux du passé : la colonisation.

 

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