Certes, la vague d’islamophobie n’a pas attendu le coronavirus pour sévir en Inde. Mais la communauté musulmane indienne est, depuis le début de la crise sanitaire, victime d’actes antimusulmans en augmentation depuis quelques jours. Comme le prouve le cas de Rizwana Khatun. Enceinte et victime de saignements, la jeune femme musulmane est arrivée à l’hôpital de Jamshedpur où elle a été battue et empêchée d’entrer dans l’enceinte de l’établissement pour y être soignée. La raison ? Cette femme, qui a perdu son bébé, avait été accusée d’être porteuse du coronavirus. Un épisode qui rappelle celui de l’hôpital public du Rajasthan qui a refusé d’admettre, au début du mois d’avril, une femme musulmane elle aussi enceinte et victime d’une fausse couche.

Des événements dramatique survenus pour une raison : une théorie du complot répandue directement par les autorités. Le pays est dirigé par les nationalistes du Bharatiya Janata, un parti hindou hostile aux musulmans. Celui-ci avait accusé les musulmans d’être à l’origine de l’épidémie de coronavirus en Inde, suite à un rassemblement musulman mi-mars. Une accusation infondée, alors que de nombreux rassemblement hindous ont également eu lieu pendant la même période. 

La conséquence de cette rumeur a été immédiate : un hôpital de Meerut, au nord de l’Uttar Pradesh, a dans la foulée publié un communiqué pour dire qu’il refuserait d’admettre et de traiter les patients musulmans, à moins que ces derniers fournissent la preuve qu’ils sont négatifs au COVID-19. Les hindous ne sont, eux, pas soumis à cette nouvelle règle. D’autre hôpitaux, comme celui d’Ahmedabad, ont indiqué prendre la même décision sur ordre… du gouvernement local.

Le Premier ministre Narendra Modi attise les braises non sans une certaine inconscience. Début avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé de ne pas « présenter le Covid-19 selon des critères raciaux, religieux ou ethniques », après avoir remarqué que la pandémie avait engendré des violences entre communautés dans plusieurs régions du monde. En Inde, des musulmans distribuant de la nourriture aux plus démunis ont également été attaqués.