« Nous avons décidé d’arrêter les prières dans les mosquées jusqu’à nouvel ordre », a déclaré dans un message largement diffusé par les médias locaux Ousmane Sarr, un porte-parole de cette association implantée à travers le Sénégal.

 

Il reste à déterminer s’il sera suivi dans ce pays au paysage religieux complexe.

 

« Des rassemblements ont lieu lors des prières et ils peuvent provoquer une contagion de la maladie », a-t-il justifié, alors que cinq nouveaux cas de contamination ont été annoncés mercredi par le ministère de la Santé, portant le total à 36.

 

« Nous demandons aux imams et oulémas d’arrêter les prières. Dieu ne demande à personne de se causer du tort », a poursuivi Ousmane Sarr, qui s’exprimait en wolof.

 

L’association des imams et oulémas est une autorité morale au Sénégal, qui compte quelque 95% de musulmans, mais elle n’est pas la seule.

 

La plupart des fidèles sénégalais adhèrent à l’islam soufi, représenté par différentes confréries – mouride, tidiane, layène et khadre – dont les chefs sont également très influents.

 

Si ces confréries ont suspendu les grands rassemblements prévus dans les prochaines semaines, qui réunissent habituellement des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, elles ne s’étaient pas encore officiellement prononcées mercredi sur les prières dans les mosquées.

 

Plusieurs responsables musulmans ont toutefois déjà déclaré leur suspension.

 

L’Eglise catholique a également annoncé avoir suspendu ses principales activités religieuses au Sénégal, comme les pèlerinages, tout en maintenant l’organisation de messes.

 

En Côte d’Ivoire (42% islam, 34% christianisme), l’association des musulmans sunnites de Côte d’Ivoire (AMSCI) et le Conseil des imams sunnites en Côte d’Ivoire (CODIS) ont annoncé dans un communiqué que « les mosquées sur toute l’étendue du territoire nationale sont fermées pour toutes les prières y compris celle de jumu’a (prière du vendredi) pour un délai de 15 jours ».

 

Les deux associations ont aussi suspendu « toute activité collective », les « cérémonies de sacrifice, baptêmes », mais autorisé les enterrements « avec l’obligation d’un nombre limité de personnes n’excédant pas 50 ».