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Culture

« Ça ne concerne pas la France » : des lycéens découvrent la colonisation en Algérie

Après les propos tenus par des élèves d’un lycée de la Somme, le directeur académique du département a promis de faire toute la lumière sur cette affaire mais refuse de parler de racisme.

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L’histoire se passe en mars 1962. Omar, 10 ans, est porteur de cartable pour les militants du FLN. « Le Porteur de cartable » est un roman qui décrit une histoire d’amitié entre enfants mais qui évoque surtout sans détour la colonisation française en Algérie et la guerre qui a succédé à cet épisode de l’histoire, de 1954 à 1962. Sorti en 2002, ce roman a donné lieu à un film un an après sa publication.

Akli Tadjer, l’auteur de l’ouvrage, a prévu de rencontrer des élèves de première d’un lycée de la Somme. Une rencontre qui doit avoir lieu le 16 novembre prochain et qui a donné lieu à un bien étrange débat au sein de la classe. Si bien que le rendez-vous a bien failli ne pas avoir lieu, après que le professeur de français a écrit à l’auteur une lettre reprenant les propos de ses élèves.

L’enseignante décrit ainsi « une levée de bouclier de certains élèves car l’auteur n’est pas Français. » Akli Tadjer est pourtant franco-algérien. Mais la réaction des élèves fut quelque peu virulente : des lycéens auraient en effet refusé de livre « Le Porteur de cartable » car, selon eux, « l’histoire ne concerne pas la France. » L’enseignante parle même dans son courrier d’un élève qui « a refusé de lire pour ne pas prononcer le mot Messaoud » alors que d’autres n’ont pas apprécié qu’il y ait dans l’ouvrage « du vocabulaire en arabe. »

« Merci Zemmour »

Prévenante, l’enseignante demande à l’auteur si, malgré les propos racistes, cela ne le « rebute pas de les rencontrer. » Elle affirme également avec fait « un rappel à la loi » et convoqué les parents d’élèves. De quoi faire enrager Akli Tadjer, qui s’est fendu d’un simple « Merci Zemmour » à la publication de cette lettre sur son compte Facebook.

Mais pas de quoi démotiver l’écrivain. A France 3, il indique être habitué aux propos racistes. « J’ai déjà le cuir de ce côté là mais là franchement, je n’ai jamais vu ça de ma vie » explique-t-il. S’il trouve la situation « consternante », il estime que la rencontre du 16 novembre sera également « salutaire. » « Ça me donne encore plus envie de les rencontrer. Dans leur ville, il y a un mémorial dédié aux soldats de la guerre 14/18 et ils ne savent même pas que des soldats venus du Maghreb et d’ailleurs sont morts pendant cette guerre. Rien que pour ça, c’est une leçon à leur donner », insiste Akli Tadjer.

De son côté, le directeur académique des services de l’Education nationale de la Somme, Jean Hubac, assure qu’il enquêtera sur les propos tenus par les lycéens. Mais il tempère : certes, ils ont tenu des « propos déplacés », mais pour lui, il est « prématuré » de parler de « racisme. » En attendant, l’auteur est prêt à se rendre dans la Somme, une terre « gorgée du sang de Mohamed et de Messaoud. »

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