Le 20 octobre, une plainte a été déposée par Henda Ayari contre Tariq Ramadan. Depuis ce jour, la frénésie qui entoure cette affaire n’a cessé de grandir, les avocats des deux camps se rendant coup pour coup. Retour sur les faits.

Une première plainte contre Tariq Ramadan

En pleine affaire Weinstein, le vendredi 20 octobre, Henda Ayari porte plainte contre Tariq Ramadan pour viol et agressions sexuelles. Une annonce faite sur Facebook. Celle qui a écrit « J’ai choisi d’être libre », paru un an plus tôt, affirme avoir « été victime de quelque chose de très grave il y a plusieurs années. » Dans son livre, elle avait consacré « un chapitre entier » à l’agression dont elle aurait été victime, rebaptisant Tariq Ramadan du nom de Zoubeyr. « C’est bien Tariq Ramadan », écrit fin octobre Henda Ayari. Six jours plus tard, une nouvelle plainte pour viol est déposée à Paris contre l’islamologue. Une femme convertie à l’Islam, qui souffre d’un handicap aux jambes, assure avoir été violentée et agressée sexuellement. 

Tariq Ramadan dénonce « une campagne de calomnie »

Le 28 octobre, Tariq Ramadan sort de son silence. L’islamologue estime être « depuis plusieurs jours la cible d’une campagne de calomnie qui fédère assez limpidement (ses) ennemis de toujours. »

Il écrit que son avocat a porté plainte pour dénonciation calomnieuse une semaine plus tôt. Ses avocats français, Me Yassine Bouzrou et Me Julie Granier, dénoncent un « déferlement médiatique » et indiquent que « le temps médiatique n’est pas celui de la justice et en aucune façon, le premier ne doit ni ne peut s’imposer au second. » Ils assurent avoir « expressément demandé » à Tariq Ramadan « de ne pas s’exprimer en retour » des accusations qui sont portées à son encontre dans les médias. Le 31 octobre, la presse belge diffuse un témoignage anonyme d’une femme qui accuse Tariq Ramadan.

Des plaintes contre Caroline Fourest, Henda Ayari et Hassan Chalghoumi

Le 2 novembre, les avocats de Tariq Ramadan déposent une plainte pour « subornation de témoin » contre Caroline Fourest, qui indique dans les médias avoir été en contact avec trois supposées victimes de Tariq Ramadan depuis 2009, dont la seconde plaignante. Yassine Bouzrou et Julie Granier déposent également plainte pour « tentative d’abus de confiance. » En cause, les appels aux dons effectués par Henda Ayari pour son association sur sa page Facebook. Enfin, les avocats de l’islamologue ont également porté plainte contre l’imam Chalghoumi pour diffamation après que ce dernier a qualifié Tariq Ramadan de « violeur », bafouant ainsi la présomption d’innocence.

En Suisse, quatre accusatrices anonymes témoignent

Le 3 novembre, La Tribune de Genève affirme que « le professeur Tariq Ramadan séduisait ses élèves mineures » et publie des témoignages anonymes de jeunes femmes affirmant avoir eu des relations sexuelles avec l’islamologue. Quatre jours plus tard, l’islamologue se met en congé de l’Université d’Oxford où il enseigne les études islamiques contemporaines, « d’un commun accord » avec l’établissement. Le même jour, Tariq Ramadan contre-attaque en Suisse avec ses deux nouveaux avocats : Yaël Hayat et Marc Bonnant, qui n’a jamais caché son islamophobie. Selon Me Bonnant, il s’agit désormais de « débusquer les quatre accusatrices » suisses de Tariq Ramadan et envisage une plainte pour diffamation.

L’avocat belge de Tariq Ramadan dénonce la « calomnie »

Le 14 novembre, l’avocat belge de Tariq Ramadan, Me Wajdi Khalifa, annonce qu’il porte plainte pour « calomnie, diffamation et dénonciation calomnieuse » contre une femme belge qui a témoigné de façon anonyme dans le journal télévisé de la RTBF et qui affirme avoir subi des violences sexuelles de la part de Tariq Ramadan. « Il s’agit d’allégations mensongères qu’il dément catégoriquement et qui ne sont destinées qu’à le salir et à lui porter préjudice », affirme l’avocat qui parle « d’une atteinte intolérable qui est faite à son honneur et à sa réputation. »

Les excuses d’Henda Ayari un an après les faits supposés

Le 16 novembre, nouveau rebondissement dans l’affaire : les avocats de Tariq Ramadan transmettent à la justice une conversation privée entre l’islamologue et Henda Ayari, la première accusatrice. Cette dernière, un an après les faits qu’elle reproche à Tariq Ramadan, raconte à ce dernier : « Une certaine personne m’a vraiment monté contre toi et m’a dit des choses très graves sur toi. Je l’ai crue et je le regrette car par la suite j’ai constaté que c’était une folle et une hystérique. Je pense qu’elle m’a menti sur beaucoup de choses te concernant. » Le lendemain, Henda Ayari demande à l’islamologue de lui « pardonner. » Le mercredi 6 décembre, les avocats de Tariq Ramadan affirment avoir versé ces pièces au dossier. Le Point indique que l’islamologue a reçu de la part de son accusatrice « des avances explicites » mais n’a répondu « que rarement à son interlocutrice. » Les avocats de Henda Ayari affirment que leur cliente est restée en contact avec le théologien  jusqu’à la mi-2013, mais ces messages ont été envoyés à une date ultérieure.

Un fonctionnaire affirme avoir été harcelé par Henda Ayari

Dernier rebondissement dans cette affaire le 1er décembre : un fonctionnaire a affirmé, auprès de la police, que Henda Ayari l’avait harcelé et menacé de porter plainte pour viol. C’était en 2013 et, après lui avoir « indiqué être marié », l’homme assure avoir été harcelé. Les deux avocats de la plaignante estime que cette plainte « n’est probablement que le début d’une longue série de tentatives de déstabilisation envers leur cliente. » Quelques jours plus tôt, sur un blog de Mediapart, une personne affirmant être l’ex-belle-sœur d’Henda Ayari publie un post dans lequel elle accuse l’auteure de « J’ai choisi d’être libre » d’avoir fait vivre un enfer à sa famille. Le post est rapidement supprimé du site.

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