Plusieurs fédérations ont quitté le Conseil français du culte musulman. Certaines envisagent de créer une instance parallèle.

La Fédération de la Grande Mosquée de Paris créait, il y a quelques jours, un électrochoc. Comme trois autres fédérations, elle annonçait qu’elle quittait le bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM). La fin d’une relation amoureuse qui n’avait que trop duré. Les quatre fédérations musulmanes avaient déploré la tenue d’une réunion décidée de manière unilatérale.

Il n’aura fallu que quelques jours aux fédérations s’étant retirées pour annoncer la création d’un « coordination » qui pourrait déboucher, si les discussions se passent bien, sur « la refondation de la représentation du culte musulman en France ». Comprenez la création d’un nouvel organisme qui voudrait supplanter le CFCM, devenu l’organe de tutelle du ministère de l’Intérieur.

Ces quatre fédérations — celle de la Grande Mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France, Musulmans de France, l’ex-UOIF, et la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles — disent vouloir « mieux servir les musulmans de France ». Preuve que leur action a toujours été limitée.

Et pour créer leur nouvelle instance, les quatre fédérations en appellent à « l’ensemble des responsables des lieux de culte et mosquées à participer activement à ce travail de réflexion qui permettra l’émergence d’une structure représentative du culte musulman en France capable de répondre aux attentes et aspirations des musulmans de France ».

D’ores et déjà, une « nouvelle instance » verra le jour, annoncent les fédérations. Cette instance sera « représentative » et « incarnera les valeurs essentielles de l’islam authentique et ouvert, dans la dignité et l’équité, en parfaite symbiose avec les valeurs et principes de la République ».

Reste à savoir si celle-ci sera, à la manière du CFCM, une organisation mal gouvernée. Pour rappel, les fédérations et les mosquées disposaient d’une influence au sein du CFCM qui dépendait notamment de la superficie de leurs lieux de culte. Les dirigeants des quatre fédération dissidentes affirment en tout cas vouloir « une gouvernance basée sur l’égalité entre les différentes sensibilités et loin de toute visée hégémonique ».

S’il a fallu attendre des débats plutôt âpres entre les fédérations membres du CFCM concernant la « charte des principes pour l’islam de France » ou la loi « séparatisme », il était temps que tous se rendent comptent que le travail effectué avec le CFCM n’avait servi qu’à conforter le gouvernement dans ses choix.