Ce dimanche, des colons israéliens ont pris d’assaut la mosquée al-Aqsa. Des femmes ont été violentées. Une nouvelle provocation.

C’est désormais une scène habituelle. A chaque moment important pour les musulmans, des heurts se produisent à la mosquée al-Aqsa. Après des agressions régulières lors du dernier mois de ramadan, qui selon la diplomatie turque, « sont toujours présentes à l’esprit », Israël a attendu l’Aïd al-Adhâ pour à nouveau frapper. Et la recette reste la même : des dizaines de colons pénètrent sur l’esplanade des mosquées pour s’en prendre aux fidèles. Et à chaque fois, ils agissent en tout impunité, sous la protection des forces de l’ordre israéliennes.

La présidence palestinienne a mis en garde contre la « dangereuse escalade » israélienne après cette nouvelle incursion de colons. La semaine dernière, des dizaines de colons israéliens avaient envahi l’esplanade. Ce dimanche 18 août, une nouvelle scène de ce genre a eu lieu. Le ministère turc des Affaires étrangères a immédiatement condamné l’agression des forces de sécurité israéliennes. Des Palestiniens, dont des femmes et des enfants, ont été arrêtés « d’une manière portant atteinte à la dignité humaine », affirme la Turquie.

La Diplomatie turque déplore un « viol de la sacralité de la mosquée al-Aqsa » et s’étonne que les forces de l’ordre aient fait « usage de bombes sonores ». Après un ramadan violent, « la poursuite de telles agissements provocateurs est très grave », insiste la Turquie qui demande la fin des provocations et agressions israéliennes.

Le département du waqf islamique à Jérusalem indique que plus de mille colons ont pris une nouvelle fois d’assaut la mosquée al-Aqsa hier. La salle de prière Al-Qibli a dû être fermée et des femmes ont été violentées.

Depuis 2000, un lieu où le conflit s’embrase

En mai, craignant des violences encore plus importantes à al-Aqsa, l’inspecteur général de la police israélienne avait fait annuler la « marche du drapeau », organisée par des dizaines de milliers de colons extrémistes israéliens. Chaque année, ces derniers célèbrent l’occupation de Jérusalem-Est en 1967. Là encore, une prise d’assaut de la mosquée avait provoqué un certain émoi dans la communauté musulmane.

Le 13 avril dernier, en plein début de ramadan, les policiers israéliens avaient coupé les haut-parleurs des muezzins des minarets médiévaux à Jérusalem-Est. De quoi priver les musulmans d’un appel à la prière pendant que le président israélien, Reuven Rivlin, avait décidé de prononcer un discours.

Petit à petit, les colons israéliens prennent en otage al-Aqsa, attisant un peu plus le conflit. Pourtant, l’accès à l’esplanade est régi par un statu quo affirmé par le général israélien Moshe Dayan en 1967. Les Juifs sont interdits de venir prier sur le mont du Temple. Et c’est le Waqf, contrôlé par la Jordanie, qui gère l’endroit.

Les tensions à al-Aqsa ne sont pas nouvelles. En 2000, Ariel Sharon avait effectué une visite sur l’Esplanade des Mosquées. Celui qui, à l’époque, n’était que député avait provoqué des émeutes et lancé la seconde Intifada. Depuis, les colons israéliens violent régulièrement les accords pour souiller la mosquée al-Aqsa. Une attitude dangereuse, devenue presque anodine, malheureusement.