70 ans jour pour jour après la résolution 93 du Conseil de sécurité de l’ONU, Israël est toujours dans l’illégalité, violant des dizaines de résolutions des Nations unies.

Le 18 mai 1951, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 93. Cette dernière rappelait notamment aux gouvernements israélien et syrien « leur obligation, au terme du paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations unies, de ne pas recourir à la force » et déclarait « que l’action aérienne israélienne du 5 avril 1951 et toutes les actions agressives de part et d’autre constituent une violation de la résolution 54 ».

Triste ironie du sort : 70 ans jour pour jour après cette résolution, Israël poursuit toujours ses raids aériens. L’occasion de rappeler que l’Etat hébreu ne cesse de violer le droit international et les différentes résolutions onusiennes.

Il s’est écoulé du temps depuis 1947. A l’époque, l’Assemblée générale de l’ONU votait la résolution 181. Le 29 novembre de cette année-là, alors que venait de se terminer la Seconde guerre mondiale deux ans plus tôt, l’ONU adoptait un « plan de partage » stipulant que la Palestine était divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, Jérusalem étant placée sous administration des Nations unies.

Depuis, les résolutions se sont succédées. Comme en décembre 2016, lorsqu’une d’entre elles, adoptée par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, invitait Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est ». Netanyahu n’en a eu que faire et a lancé de nouvelles colonies.

L’Etat hébreu a violé une trentaine de résolutions de l’ONU. Alexandra Novosseloff, docteur en sciences politiques, spécialiste de l’ONU et du Conseil de sécurité, nous expliquait en 2017 que « les textes du Conseil de sécurité permettent d’exercer des pressions, notamment lorsque les résolutions s’accumulent », mais que les pays qui les violent ne sont pas forcément rappelés à l’ordre dans l’immédiat.

« Israël n’aime pas être montré du doigt. Or, avec ses résolutions, l’ONU pointe du doigt la politique d’un Etat. Cela a forcément un impact politique voire psychologique ; les résolutions disent ce qui est bien et ce qui est mal, cela a un poids politique. Mais il ne faut pas espérer un changement en un jour, on va plutôt mesurer l’efficacité des résolutions en décennies », expliquait la chercheuse.

Quoi qu’il en soit, 70 ans après l’adoption de la résolution 93, l’Etat hébreu continue d’agir en toute impunité, au mépris des textes internationaux. De quoi inquiéter l’ONU. « Les combats risquent d’entraîner Israéliens et Palestiniens dans une spirale de violence aux conséquences dévastatrices pour les deux communautés et pour toute la région », a ainsi mis en garde le Secrétaire général de l’ONU qui ajoute qu’« elle a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et de favoriser davantage l’extrémisme, non seulement dans le territoire palestinien occupé et en Israël, mais dans l’ensemble de la région, créant potentiellement un nouveau foyer d’instabilité dangereuse ».