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Comment Facebook a participé au génocide rohingya

Pendant des années, des militaires ont créé de faux profils et des pages Facebook pour propager des « fake news » sur les Rohingyas.

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Les profils étaient créés à Naypyidaw, dans les locaux de l’armée birmane. Plus de sept-cents militaires ont été, pendant plusieurs années, mobilisés pour créer des faux profils Facebook dont l’objectif n’était que de diffuser des messages haineux envers les Rohingyas, à en croire l’enquête publiée par le New York Times. Le journal américain raconte ainsi comment des profils Facebook diffusaient des « fake news » sur une histoire de viol d’une femme bouddhiste par un musulman. Ou comment ces mêmes profils ont réussi à diffuser des messages disant que l’Islam était une menace pour le bouddhisme.

L’information provient d’anciens responsables militaires, de chercheurs et de la société civile. Ils sont unanimes pour affirmer que l’armée utilisait le réseau social pour sa propagande et ainsi justifier le nettoyage ethnique. En Birmanie, on compte 18 millions d’utilisateurs de Facebook. Si l’entreprise américaine a supprimé, l’été dernier, les comptes de plusieurs hauts responsables militaires, c’était trop tard : des milliers de commentaires haineux ont, pendant des années, été diffusés.

Pour Thet Swe Win, fondateur de l’ONG Synergy, « Facebook n’est pas directement impliqué dans le nettoyage ethnique, mais il leur incombe de prendre les mesures qui s’imposent pour éviter de devenir un instigateur du génocide. » Du côté du réseau social, on indique qu’une enquête est en cours. Mais d’ores et déjà, on sait que sept-cents personnes ont participé à cette cellule numérique. Ils ont créé de fausses pages d’actualité et consacré des pages à des célébrités — mannequins, chanteurs — qui diffusaient des messages anti-Rohingyas.

Des pages qui ont permis de diffuser à une masse importante ce contenu haineux. Fausses photos de massacres perpétrés par des Rohingyas ou diffusion de hoax : tout était bon pour montrer que le bouddhisme était menacé. Mais le pire est intervenu en 2017 : les services de renseignement de l’armée ont alors indiqué qu’une attaque rohingya était imminente à l’occasion du 11 septembre. Ce « djihad », les bouddhistes y ont cru et des moines ont lancé une série de manifestations contre les musulmans.

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