Depuis lundi 6 décembre, le réseau social Facebook, dont la maison mère est devenue Meta, est visé par une plainte déposée par des réfugiés rohingyas. Ces derniers accusent le groupe d’avoir laissé se propager des discours haineux à l’encontre de cette minorité musulmane birmane sur leur plateforme.

C’est en Californie, où le géant américain a son siège, que la plainte a été déposée. Les plaignants réclament au groupe 150 milliards de dollars d’indemnités, après avoir été complice de la propagation de messages de haine contre les rohingyas. La minorité musulmane originaire de Birmanie accuse Facebook d’avoir favorisé la désinformation et les idéologies extrémistes.

« La réalité indéniable est que la croissance de Facebook, nourrie par la haine, la division et la désinformation, a laissé dans son sillage des centaines de milliers de vies rohingyas dévastées » ont expliqué les plaignants dans le document déposé auprès du tribunal de San Francisco. Pour des milliers de rohingyas, la campagne menée par Facebook s’est traduite par des violences communautaires et une discrimination encore plus importante, de la part de la junte militaire, en Birmanie. Cela a laissé place à un climat d’insécurité et de répression dans le pays d’origine, favorisant les exactions commises par les militaires.

Propagande mensongère

Cette plainte collective rejoint les mises en garde, formulées depuis des années par des organisations de défense des droits humains, à Facebook. Elles ont alerté à de multiples reprises le groupe sur ses algorithmes, et son manque d’engagement dans la lutte contre la désinformation et les fake news véhiculées. Certaines dénoncent même la complicité de Facebook, qui en dépit des alertes sur sa plateforme, n’opère à aucun changement.

Le manque d’engagement du géant de la Silicon Valley a abouti à des persécutions sur cette minorité, qui ne peut plus faire valoir ses droits en Birmanie. Bien que les chances de voir cette plainte aboutir sont minces, elle ouvre la voie à toutes les minorités discriminées, et victimes de propagande mensongères, confortant les régimes autocratiques et le recul des droits et libertés fondamentaux.

La crise des rohingyas en Birmanie, a fait la lumière sur la dérive autoritaire du régime certes, mais surtout sur la stigmatisation des minorités musulmanes dans le monde. La communauté internationale, dans son ensemble ou du moins presque, a brillé par son absence sur cette problématique. A part une poignée d’États et de représentants officiels, d’organisations internationales et d’associations de défense des droits humains, pour défendre et réclamer justice pour ces minorités, elles semblent être laissées au ban des relations internationales.