Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) a salué la décision de plusieurs centaines d’employés de Google et d’Amazon de faire pression sur leurs sociétés, afin que celles-ci arrêtent le développement d’outils pour l’armée israélienne.

Dans une lettre ouverte publiée par The Guardian, plus de 300 employés d’Amazon et de 90 salariés de Google ont dénoncé la participation des GAFAM dans le développement du cloud baptisé « projet Nimbus », commandité par l’armée israélienne. Ce jeudi, le collectif BDS, regroupant 171 ONG palestiniennes et pro-palestiniennes, a salué l’acte du groupe, malgré que les employés signataires soient sous couvert d’anonymité.

« Anonymes mais néanmoins conscients, avec un sens du devoir et de la justice qui vous honore.
Nous avons lu avec un grand intérêt la déclaration concernant votre impossibilité à soutenir la décision de vos employeurs qui fournissent à l’armée et au gouvernement israéliens une technologie utilisée pour nuire aux Palestiniens », lit-on sur le site BDS-France.

Le projet Nimbus dévoilé et dénoncé

La lettre ouverte des employés d’Amazon et de Google, publiée le 12 octobre, était une protestation contre l’accord pour le projet Nimbus. Les signataires annonçaient qu’ils ne soutenaient pas la décision de leurs employeurs de construire et de fournir des centres de données et des services régionaux basés sur le cloud à Israël, notant qu’ils voulaient que tous les liens soient rompus avec la défense israélienne.

« Nous ne pouvons pas soutenir la décision de nos employeurs de fournir à l’armée et au gouvernement israéliens des technologies utilisées principalement pour nuire aux Palestiniens », lit-on sur l’article de The Gardian. Les travailleurs ont déclaré qu’ils restaient anonymes parce qu’ils « craignaient des représailles ».

La lettre fait référence au projet de cloud Nimbus, qui permettra aux ministères de l’Etat d’apartheid et à d’autres entités de transférer des serveurs et des services dans le cloud fournis par les deux entreprises Google et Amazon. Jusqu’à ce que les centres de données soient construits en terre palestinienne occupée – d’ici deux ans environ – les services cloud seront fournis par les centres de données AWS de Google et d’Amazon en Irlande, aux Pays-Bas et à Francfort. Toutes ces données seront ensuite transférées aux data centers.

Les amis de la Palestine guettent

« En tant que travailleurs qui font fonctionner ces entreprises, nous sommes moralement obligés de dénoncer les violations de ces valeurs fondamentales. Pour cette raison, nous sommes obligés d’appeler les dirigeants d’Amazon et de Google à se retirer du projet Nimbus et à couper tous les liens avec l’armée israélienne », insistent les employés de Google et d’Amazon. Ils dénoncent aussi la tendance à « militariser leur activité ». « Ces contrats font partie d’un schéma inquiétant de militarisation, de manque de transparence et d’évitement de la surveillance », lit-on sur la lettre. Une seule précision figure sur la lettre ouverte, la date de la signature du contrat de Nimbus : « la même semaine que l’armée israélienne a attaqué des Palestiniens dans la bande de Gaza – tuant près de 250 personnes, dont plus de 60 enfants ».

Si la lettre ouverte, soutenue par BDS et des milliers activistes, ne désigne pas exactement les entités militaires desservies, elle a peu de chances d’aboutir à un rétropédalage de la part des GAFAM. Ces multinationales sont, indubitablement, pro-israéliennes depuis des leurres. Mais il n’empêche que le nombre de signataires, même si leur identité ne pouvait être vérifiée que par The Gardian, inquiétera les GAFAM dans leurs prochains deals avec l’Etat sioniste.