Hier soir, lors d’un débat sur la situation des migrants dans les îles grecques, le député européen indépendant Yannis Lagos a critiqué la Turquie avant de brandir une feuille de papier sur laquelle était imprimé un drapeau turc et de la déchirer.

« Vous ne faites que caresser dans le sens du poil la Turquie, qui nous inonde de flux ininterrompus de migrants. Et ce drapeau turc est un drapeau baigné de sang. La seule chose à faire, c’est de dire dehors, les Turcs », a-t-il lancé en accomplissant son geste.

M. Lagos est un ancien élu du parti néonazi grec Aube dorée, qu’il a quitté en juillet dernier.

La Turquie, pays où l’attachement au drapeau est viscéral, a réagi avec colère par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

« Les mentalités racistes savent comment nous brisons les doigts qui s’approchent de notre drapeau (…) Que les enfants gâtés de l’Europe apprennent à se tenir à leur place. L’Europe doit dire stop à l’hostilité envers l’islam », a-t-il déclaré sur Twitter.

« Nous attendons du Parlement européen qu’il fasse le nécessaire au sujet de ce clown », a ajouté M. Cavusoglu.

Le rapporteur pour la Turquie au Parlement européen Nacho Sanchez Amor, qui a effectué la semaine dernière son premier déplacement dans ce pays, a néanmoins tenté d’apaiser les esprits sur Twitter.

« Rien ne justifie le fait de déchirer un drapeau (…), un acte regrettable. L’habituelle rhétorique islamophobe d’extrême droite n’est pas la bienvenue à Bruxelles », a-t-il déclaré.

Le ministère grec des Affaires étrangères a de son côté « condamné tout acte qui insulte un symbole national, en l’espèce le symbole national de la Turquie ». « Les néo-nazis ne représentent qu’eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Cet homme au physique imposant fait partie de plusieurs membres ou ex-membres d’Aube dorée accusés d’être liés au meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas en 2013.

L’incident du drapeau intervient alors que les tensions entre la Turquie et les pays européens, notamment la Grèce, se sont renforcées ces derniers mois en raison des revendications d’Ankara au sujet de gisements d’hydrocarbures au large de Chypre.