« Bayonne est un attentat terroriste ». L’Etat peut bien tenter toutes les euphémisations sémantiques, l’attaque de la mosquée de Bayonne n’en reste pas moins un attentat terroriste.

En effet, réduire Claude Sinké à un papy gâteux, équivaut à réduire tous les djihadistes à de simples déséquilibrés. Psychiatriser la violence terroriste, c’est nier sa dimension politique dans une sorte de déresponsabilisation collective.

Claude Sinké n’a pas attaqué la mosquée de Bayonne parce qu’il est vieux et perd un peu la boule. Il a attaqué la mosquée de Bayonne parce qu’il déteste les musulmans et parce que le climat actuel lui a donné une sorte de droit moral de le faire.

Le climat actuel c’est la construction par une partie de la classe politico-médiatique d’une guerre civile qui vient, entre les musulmans et les Français « de souche ». Quand on écoute Zemmour, à qui est donné une grande tribune quotidienne, on comprend que l’affrontement est inéluctable et que c’est la survie de la France qui est en jeu. Ici et là on voit poindre les comparaisons entre musulmans et nazis, on parle d’occupation et de résistance.

Si le glissement des discours continuent dans la même voie, on assistera de plus en plus à ce type d’actes, car tuer des musulmans sera devenu un acte héroïque.