L'association intégriste catholique Civitas a changé ses statuts pour devenir une formation politique. Retour sur ses objectifs.

L’association catholique intégriste Civitas a obtenu le statut de parti politique. Retour sur les idées et l’histoire de ce mouvement.

« Un mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l’Église catholique » : voici pour le crédo. Le slogan ? « Rechristianiser la France ». Une croisade que son président, Alain Escada, menait jusque-là par la voie associative. Depuis le 23 avril dernier, Civitas est devenu un parti politique, une parution au Journal Officiel faisant foi. Un changement d’objet qui dispense des avantages fiscaux non négligeables : les donateurs pourront déduire 66 % de leurs feuilles d’impôts. L’organisation choisira en septembre si elle présente son candidat aux présidentielles ou si elle opte pour le soutien à un autre. Civitas revendique 60 000 adhérents, ce qui semble très exagéré. Néanmoins, son influence dans certaines mouvances catholiques est réelle.

De Maurras à Saint Pie X, une officine intégriste

Civitas, c’est « Dieu-Patrie-Famille » face au « nouvel ordre mondial ». Civitas n’aime ni les « israélites », ni l’islam et encore moins la démocratie, décrite dans le dernier numéro de sa revue comme une « incarnation du mensonge ». Et de citer Charles Maurras : « la démocratie, c’est le mal, la démocratie, c’est la mort ». Civitas aime Jeanne d’Arc, l’enseignement catholique, Jean-Marie Le Pen, l’Algérie française. Un mouvement qui fleure les années 30, les Ligues, mais qui, dans le contexte de 2016, tente de faire fructifier son pécule en se lançant en politique.

Un lancement confirmé par un communiqué de presse, dans lequel l’association explique ses objectifs : « Depuis mardi, les médias ont consacré quantité d’articles et  d’émissions à l’arrivée de Civitas sur le terrain politique, y est-il écrit. Civitas confirme que ses statuts ont été modifiés de façon à pouvoir mieux faire entendre ses arguments dans le paysage politique. » Pour la nouvelle organisation politique, Civitas est donc, rappelle ses dirigeants, « désormais en droit de soutenir un ou des candidats ou de présenter un ou des candidats. Civitas précisera en septembre la stratégie choisie à cet effet. »

Pierre Z. Lajarge

Laisser un commentaire