Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, s'est opposé au souhait de Dalil Boubakeur de doubler le nombre de mosquées en France.

Et si on doublait le nombre de mosquées en France d’ici deux ans ? Ce souhait émis par Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la mosquée de Paris, a fait polémique. Considéré comme « une maladresse » par certains ou « une provocation » par d’autres, ce souhait n’est pas au goût de certains de nos polémistes politiciens. Christian Estrosi, le député-maire de Nice, n’a pas raté le coche. 

Les mosquées en France : quand le pouvoir s’oppose aux souhaits

Selon le CFCM, la France compte environ 2200 mosquées. « Il en faut le double d’ici deux ans », a souligné Dalil Boubakeur lors de la 32ème rencontre annuelle organisée par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Loin d’une volonté de conquête islamique de la France, ce doublement permettrait aux français de confession musulmane de vivre pleinement et plus confortablement leur culte. A ce souhait, que certains estiment déplacé au lendemain des terribles attentats qui ont endeuillé le monde, Christian Estrosi a opposé une fin de non-recevoir dans les colonnes de Var Matin. Le vice-président de l’association des maires de France et député-Maire de Nice est totalement opposé à la demande de D. Boubakeur. Selon lui, l’augmentation du nombre de mosquées en France est un danger en l’absence d’une structuration claire de l’islam en France. «Tant que l’islam n’est pas structuré en France, tant qu’il n’est pas capable de former et de contrôler ses imams, tant qu’il n’y a pas ces garanties, il faut cesser de construire des mosquées au nom du principe de précaution», balance-t-il. Estrosi a considéré que le souhait de doubler le nombre de mosquées en France est « une provocation » pure. Le député-maire a fait également savoir qu’à chaque tentative d’acquisition de locaux pour construire un lieu de culte musulman, il fera jouer son rôle de préemption. Preuve à l’appui ! Estrosi a empêché l’acquisition de locaux par des associations culturelles préférant voir naître un poste de police ou une crèche à la place d’une mosquée.

La route est encore longue avant de pouvoir jouir enfin de la laïcité, imaginée pour permettre à tous de vivre leur foi sans intervention des politiques. Le droit constitutionnel inaliénable qu’est la liberté de culte ne semble en définitive pas encore acquis pour les français musulmans.

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Pierre Z. Lajarge

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