Christian Estrosi a fait hisser le drapeau israélien sur les murs de la mairie de Nice, cinq ans après avoir interdit l’utilisation de drapeaux étrangers.

Entre Christian Estrosi et Israël, c’est une histoire d’amour qui dure. Le maire de Nice, grand ami du CRIF, depuis la reprise des violences au Proche-Orient, s’est comme à son habitude rangé du côté de l’Etat hébreu. Après avoir « condamné fermement la lâche agression des terroristes du Hamas contre Israël qui subit une pluie de roquettes depuis hier et tout au long de la nuit », sans critiquer pour autant les raids aériens israéliens, Christian Estrosi a fait hisser le drapeau israélien sur le fronton de la mairie de Nice.

A son tweet, Estrosi a tout de même eu des « pensées » pour les Palestiniens, non pas pour les victimes tuées par l’armée israéliennes mais parce qu’ils « ne sont que les otages d’un groupuscule terroriste, le Hamas ».

Christian Estrosi, le meilleur ami d’Israël

Dans une interview donnée au Muslim Post en 2017, Estrosi louait la politique de l’Etat hébreu. « Pourquoi stigmatiser Israël ? C’est un pays ami qui lutte contre le terrorisme. Le Hamas, les Frères musulmans, Boko Haram, Al Qaïda, Daesh… C’est pareil ! Imaginons que nous n’ayons pas Israël pour lutter contre le terrorisme, l’Europe serait encore plus menacée », affirmait-il.

L’année précédente, celui qui était également président de la région PACA avait apporté son soutien au Premier ministre israélien après un vote d’une résolution de l’ONU qui condamnait la colonisation. Un soutien condamné par ses opposants : « À quel titre un président de métropole et des élus métropolitains vont-ils soutenir la politique étrangère d’un Etat condamné par l’ONU ? », demandait alors le premier secrétaire du PS dans les Alpes-Maritimes, Xavier Garcia.

Christian Estrosi avait d’ailleurs annoncé un don de 50 000 euros de la part de la région PACA pour un projet de reforestation du Fonds national juif (KKL). « C’est odieux de me reprocher d’aider à la replantation de 5 000 arbres sur un territoire dévasté », nous avait répondu Estrosi, alors que le KKL est une association para-gouvernementale qui agit dans les territoires colonisés.

Une aversion pour les drapeaux, sauf pour celui d’Israël

Dans cette même interview, le maire de Nice évoquait son aversion pour les drapeaux étrangers. « Notre décision d’interdire les drapeaux ne s’appliquait pas aux drapeaux algériens, mais à tous les drapeaux, expliquait Christian Estrosi. Qu’on aille au stade avec un drapeau, c’est une chose, mais qu’on défile dans les rues, c’en est une autre. Là aussi, il y avait des risques d’instrumentalisation ». Avant de conclure : « Quand, à Nice, il y a un risque de montée de tensions, j’essaie de les éviter et de rester dans cet apaisement permanent. Cela n’avait rien à voir avec une quelconque nationalité ».

Trois ans auparavant, Estrosi avait adopté un arrêté interdisant « l’utilisation ostentatoire » de drapeaux étrangers pendant le Mondial. Un arrêté qui avait été suspendu par la justice administrative, qui évoquait alors son caractère « non proportionné ».

Son désamour pour les drapeaux étrangers semble oublié. Le maire de Nice a osé apporter un soutien tout personnel à un de ses pays de cœur, là où il fustigeait l’utilisation de drapeaux algériens et appelait à « l’apaisement ». Estrosi jette un peu plus d’huile sur le feu. Mais ce n’est pas la première fois…