Les labels halal sont différents et varier. Pourtant il existe une façon de bien faire son choix : trier en fonction du certificateur halal.

Face à la multiplication de l’offre halal, le consommateur peut se sentir perdu.Seuls les logos apposés sur les produits alimentaires permettent de différencier les différents types de certification. Mais ces logos se ressemblent beaucoup ce qui entretient la confusion dans l’esprit du consommateur.

Sachez qu’il existe deux types de certificateur halal : les agences d’audit de conformité (AUC) et lesagences de contrôles permanents (ACP). Ces agences se différencient dans les méthodes d’abattagespermises et dans le type de contrôle.

Différencier AUC et ACP

Les agences d’audit de conformité (AUC) établissent la conformité des viandes à partir d’un cahier des charges strict. Celui-ci est élaboré de concert entre l’entreprise et l’agence de conformité. Une fois ce cahier des charges proprement établit, l’entreprise signe un contrat pour une durée déterminée et obtient une attestation lui permettant d’apposer le logo de l’agence de conformité. Habituellement, les contrôles sur sites s’effectuent par salariés de l’entreprise. Les viandes labellisées par une AUC sont généralement moins chères.

Les agences de contrôles permanents (ACP) basent leur conformité sur un contrôle sur site par des certificateurs indépendants de l’entreprise. Dans les faits, aucune opération ne peut être réalisée sans la présence physique du contrôleur. Considérés comme étant plus indépendants, les contrôleurs sont salariés de l’agence et non de l’entreprise. Les viandes labellisées par une ACP sont plus onéreuses que celles labellisées par une AUC.

Les marques, le certificateur halal et la méthode d’abattage

Il existe des différences à l’intérieur même des AUC et des ACP. En effet, les pratiques de l’électronarcose ou de l’abattage mécanisé peuvent être permises. Parmi les AUC permettant l’électronarcose et l’abattage mécanisé, on peut citer les certificateurs suivants (avec les entreprises certifiées) :

–          ACMIF-Mosquée d’Evry (LDC, Medina Halla, Oriental Viande, Reghalal, Amine),
–          AFCAI (Doux, autres),
–          Halal Réunion (Asia Food, AVICOM, India Food),
–          SFCVH-Mosquée de Paris (Fleury Michon, Samia, Secoué, Volys Premium Halal Hocameat-Zahra).

Les AUC suivantes ne permettent pas l’électronarcose ni l’abattage mécanisé :

–          Arrissala (certifie les bœufs et les ovins, mais pas la volaille),
–          Muslim Conseil International (Elivia, Socopa, Dounia Halal, Isla Mondial, Sabil, GHT, Halal World).

Parmi les ACP, Halal Service et AVS (Oummi, Isla Mondial, Laguillaumie, Socopa, Sodem, Soviam) n’autorisent ni l’abattage mécanisé ni l’électronarcose. L’ARGML-Mosquée de Lyon (Zaphir-Isla Délice, Zakia Halal, Wassila, Quick, Koft) permet l’électronarcose mais interdit l’abattage mécanisé.

Pour rappel, le plus grand certificateur halal mondial, le malaisien JAKIM, permet l’abattage mécanisé et l’électronarcose. Ce certificateur impose toutefois la présence de certificateurs sur site. En ce sens, le JAKIM est une agence d’audit de conformité.

Et le consommateur dans tout ça ?

Une fois averti, le consommateur a la liberté de choisir en toute conscience. Pour des raisons financières, certains se tourneront vers des marques labellisées par des agences de d’audit de conformité (AUC). D’autres, par souci d’un respect religieux plus rigoureux s’orienteront vers des labels issus des agences de contrôles permanents (ACP).

Rappelons que ce qui fait débat actuellement est l’usage de l’électronarcose et de l’abattage mécanisé. Pourtant la pratique de l’électronarcose, si elle est bien calibrée, ne tue pas l’animal avant son abattage. Quant à l’abattage mécanisé, il s’insère dans une logique industrielle : pour maintenir une cadence élevée et permettre de maintenir les prix au plus bas, les grands groupes industriels utilisent cette méthode. Celle-ci reproduit pourtant le geste humain, à savoir que les 2 veines jugulaires, la tranchée et l’œsophage sont tranchés, sans toucher à la moelle épinière.

En définitive, si les pratiques sont bien maîtrisées, il n’existe finalement que très peu de différences entre les abattoirs industriels et les traditionnels. Au final, c’est à chacun de trouver midi à sa porte et d’acheter ce que sa bourse lui permet !

 

Pierre Z. Lajarge

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