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Chine : des restrictions religieuses qui inquiètent les musulmans hui

Dans la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, les autorités contrôlent de plus en plus les pratiques religieuses de la minorité musulmane chinoise hui.

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Dans la préfecture autonome hui de Linxia (province du Gansu), au nord-ouest de la Chine, les autorités ont récemment restreint l’accès à la fonction d’imam. Elles ont également banni les haut-parleurs appelant à la prière dans 355 mosquées, au nom de la lutte contre « la pollution sonore ». Mais surtout, elles ont interdit les moins de 16 ans d’instruction religieuse. 

Dans un décret local pris en début d’année et consulté par l’AFP, il est en effet inscrit l’interdiction à tout individu ou lieu de culte « d’organiser, de guider, de soutenir ou de permettre à des mineurs d’entrer dans des sites religieux pour étudier des textes religieux ou participer à des activités religieuses ».

Selon les autorités, l’interdiction de l’instruction religieuse a été prise pour que les enfants se reposent pendant les vacances et se consacrent mieux à leur scolarité. Mais plus d’un millier d’enfants et d’adolescents qui suivaient des cours de religion pendant les vacances scolaires à la mosquée, ne pourront plus y entrer.

Pour William Nee, d’Amnesty International, les autorités visent les mineurs « pour faire en sorte que les traditions religieuses périssent ». « Ils veulent laïciser les musulmans et couper l’islam à la racine », dénonce un imam anonymement. « Les enfants n’ont plus le droit de croire à la religion: seulement au communisme et au parti ». 

Dans cette province, considérée comme un havre de liberté religieuse pour la minorité musulmane hui, les croyants sont désormais inquiets. Ils craignent une volonté délibérée « d’exterminer » l’islam. Une situation qui rappelle celle des Ouïghours, persécutés par les autorités dans la région autonome du Xinjiang et envoyés dans des camps, au nom de la lutte contre « l’islamisme ». 

Mais les musulmans de Linxia assurent n’avoir rien à voir avec ceux du Xinjiang, dont ils ne partagent ni la langue ni les coutumes. « Ce sont aussi des musulmans mais ils sont violents et assoiffés de sang », estime un coiffeur de la région, interrogé par l’AFP. « Les choses sont très différentes ici », confirme un jeune. 

Pourtant, les imams ne sont pas rassurés. Certains assurent que les autorités délivrent aussi désormais moins d’autorisations de prêcher. « Pour l’instant, nous sommes suffisamment nombreux. Mais je m’inquiète pour l’avenir. Même s’il reste des étudiants, il n’y aura plus assez de personnel bien formé pour enseigner », déclare l’un d’eux. 

Les parents aussi redoutent l’effacement de leur culture. « Nous avons très peur. Si ça continue comme ça, dans une ou deux générations, nos traditions disparaîtront », témoigne une nounou. Dans la province, les responsables musulmans ont dû s’engager par écrit à respecter le décret imposé. Seul un a refusé, provoquant la colère des autorités et l’embarras de ses confrères.

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