Jean-Pierre Chevènement, futur patron de la Fondation pour l'Islam de France, a indiqué connaître le monde musulman pour être allé au Caire il y a 40 ans.

Jean-Pierre Chevènement a indiqué, ce matin sur France Inter, bien connaître le monde musulman pour être allé au Caire « il y a 40 ou 50 ans. »

Quand Jean-Pierre Chevènement rappelle sa connaissance du monde musulman, il ne fait pas les choses à moitié… Invité à réagir sur les différentes polémiques du moment, notamment celle sur le burkini, et sur sa demande de « discrétion » adressée au musulman, l’ancien ministre de l’Intérieur s’est aventuré dans une affirmation digne de Nadine Morano qui assurait ne pas être raciste parce qu’elle « adore le couscous et les bricks à l’œuf. » En effet, l’ancien maire de Belfort a affirmé : « Je connais bien le monde musulman. Je suis allé au Caire, à Alger, il y a 40 ou 50 ans, la plupart des femmes ne portaient pas le voile. » Certainement nostalgique de son voyage dans la capitale égyptienne, Jean-Pierre Chevènement a beaucoup fait rire Twitter. Le hashtag #JeConnaisBienLeMondeMusulman a donc permis de découvrir quelques tweets savoureux…

Chevènement tolère le burkini mais ne l’approuve pas

Mais la plupart de ces rires étaient nerveux, puisque c’est Jean-Pierre Chevènement qui prendra certainement la direction de la Fondation des œuvres pour l’Islam de France à la rentrée. Et autant dire que les associations musulmanes de France ne souhaitent pas vraiment que l’ancien ministre de l’Intérieur devienne le représentant de leur religion. La sortie de Jean-Pierre Chevènement, au-delà de son aspect humoristique, montre en tout cas que sa fondation devrait se prononcer contre le port du voile. « Il y a une tendance de fond qui correspond à la montée du fondamentalisme religieux, estime l’homme de 77 ans. La majorité des femmes ne peuvent plus sortir dans la rue sans être voilées. Tout ça, ça traduit quelque chose qui se répercute aussi dans nos cités. » Jean-Pierre Chevènement estime d’ailleurs que les puissances étrangères ont favorisé l’émergence du voile en France. « L’Islam de France doit être autonome dans ses sources de financement et dans sa pensée », explique-t-il d’ailleurs.

A propos du burkini aussi, le futur directeur de la Fondation pour l’Islam de France a tenu à donner son avis. Selon lui, « le burkini pose problème car il vise à définir une place de la femme nettement distincte, subordonnée à celle des hommes. » Mais, nuance-t-il, « on peut le tolérer mais en même temps ne pas l’approuver. » A propos de son appel à la discrétion adressé aux musulmans, il estime qu’il s’agit d’« une polémique comme il en est régulièrement sur le sujet, excessivement passionnel. » Il assure que « ce conseil, dans (son) esprit, s’adresse à toutes les religions en vertu même du principe de laïcité. » « Dans l’espace commun qui est l’espace laïque, ajoute-t-il, chacun doit faire abstraction de ses dogmes. » Pour Jean-Pierre Chevènement, « la laïcité est utilisée n’importe comment, alors qu’elle est un principe fondamental. Elle n’est pas tournée contre la religion, elle sépare l’espace de la spiritualité qui est libre de l’espace commun à tous les citoyens qui est l’espace laïque où ils sont invités à s’exprimer avec des arguments raisonnés plutôt que par l’étalage de la révélation qui leur est propre. »

Mehdi Chaouali

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