Les forces de l'ordre ont lancé une chasse aux musulmans en perquisitionnant mosquées et associations. Souvent sans prendre de pincettes.

Depuis les attentats de Paris, les perquisitions se multiplient chez les musulmans et dans les lieux de culte. Souvent avec une violence extrême.

On a beau dire haut et fort que les terroristes de Daech ne sont pas musulmans et qu’ils n’ont certainement pas mis les pieds dans les mosquées françaises depuis bien longtemps, les autorités ont décidé de lancer une véritable chasse aux sorcières… ou plutôt une chasse aux musulmans. En plein état d’urgence, les perquisitions – souvent musclées – se sont multipliées : dans les mosquées, chez des pratiquants ou lors de contrôles au faciès. Si les Français musulmans l’ont pris avec humour, en lançant sur Twitter le hashtag #PerquisitionnezMoi, l’ambiance est aujourd’hui délétère.

Le salafisme incompris par la police

Et c’est notamment Rue89 Strasbourg qui raconte quelques histoires de perquisitions. Notamment celle d’un appartement appartenant à un homme de 80 ans, dans la ville alsacienne. Cela se passe le 21 novembre. Les forces de l’ordre font irruption chez lui pour « chercher des armes et de la drogue », écrit le magazine. Conséquence : l’octogénaire – qui a une fille déficiente mentale – fait un malaise et doit être hospitalisé. Le RAID, la police judiciaire et la Brigade de recherches et d’intervention, qui ont dévasté l’appartement, font, bien évidemment, chou blanc.

Les policiers contrôlent au faciès.

Qu’est-ce qui explique cette intervention des forces de l’ordre ? Selon Rue89, une fiole de bicarbonate de sodium détenue par deux membres de la famille aurait attiré l’attention des douaniers en Tunisie, puis en Italie et en Suisse. « Les douaniers ont pris le bicarbonate de sodium pour de la drogue alors que mon frère l’utilise pour des problèmes d’estomac », résume l’un des deux frères qui dit avoir été « arrêté au faciès. » L’autre frère pratique le salafisme. Il n’en faut pas moins pour attirer la curiosité des policiers.

Des mosquées saccagées

Des perquisitions comme celles-là, il y en a eu beaucoup. Comme dans cette mosquée des Mureaux. « Dans le cadre de l’état d’urgence, à l’instar d’autres lieux de culte et lieux de vie musulmans sur le territoire national, les locaux de l’association cultuelle et culturelle Tariq ibn Ziyad ont fait l’objet d’une perquisition administrative, ordonnée par la préfecture des Yvelines », raconte l’imam de la mosquée, qui explique que la perquisition s’est passée « dans le respect des lieux et des personnes présentes. » La mosquée des Mureaux a eu plus de chance que celle de Montpellier, dévastée par les policiers.

Le domicile d’un membre de l’association humanitaire BarakaCity a également subi le même sort. « Il s’agit d’une opération de sécurité générale, nous perquisitionnons dans plein d’endroits dans lesquels se trouvent des situations difficiles. S’il y a des salles de prière clandestines, nous irons. Mais ce n’est pas une campagne systématique contre des mosquées » précise une source du ministère de l’Intérieur. Avec le hashtag #PerquisitionnezMoi, les musulmans n’ont pas tardé à indiquer que les mosquées étaient des remparts contre le terrorisme et qu’il fallait également s’en prendre à « l’imam Google », le principal recruteur de jihadistes en France.

Série de perquisitions dans des mosquées et associations salafistes (ici)

Yassine Bannani

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