Un article du Washington Post s'étonne que la France de Charlie accuse les musulmans de tous les maux, et notamment du terrorisme.

Dans un papier extrêmement critique, le Washington Post s’étonne de la « paranoïa collective » de la France vis-à-vis des « musulmans ordinaires. »

« La France de Charlie Hebdo accuse les musulmans ordinaires pour le terrorisme. » Le Washington Post est tombé sur l’édito de Riss, dans l’hebdomadaire satirique. Celui-ci accusait, en substance, le boulanger musulman ne vendant plus de jambon ou la femme voilée d’être le premier maillon du terrorisme. Pour Riss, explique le journal américain, l’Islam « est anti-français, anti-moderne et anti-intellectuel. » Un postulat qui, explique le Washington Post, empêche tout débat. « L’éditorial de Charlie Hebdo est peut-être l’expression la plus récente d’une paranoïa collective qui s’est largement développée au cours des dernières années », écrit le journaliste.

La France de Charlie refuse les conférences de Tariq Ramadan

Cette « paranoïa collective », assure le Washington Post, c’est celle de « la perspective d’une France musulmane. » Et le journal de pointer le roman « Soumission » de Michel Houellebecq qui participerait à cette paranoïa, ou encore Alain Finkielkraut qui explique, à propos de l’islamophobie, que « l’antiracisme sera, au 21e siècle, ce que le communisme était au 20e. » Une paranoïa également révélée cette semaine avec l’épisode des hôtesses d’Air France qui ont dénoncé « une attaque faite aux femmes » lorsqu’on leur a demandé de porter le voile à leur arrivée à Téhéran, en Iran.

Dans une France censée être Charlie, Tariq Ramadan est parfois interdit de conférences. Il a été « interdit de parler à Béziers, Argenteuil, Orléans, Bordeaux et même à l’Institut du Monde Arabe de Paris », explique le Washington Post. En réalité, il a pu débattre à Bordeaux, même si sa présence a créé la polémique suite à une intervention d’Alain Juppé. Le journal américain cite enfin une phrase tirée d’une tribune du Monde dans laquelle des intellectuels dénoncent que, « dans un pays où des millions de personnes sont descendues dans les rues pour défendre la liberté d’expression, on peut ainsi interdire le discours de Tariq Ramadan, (…) sans aucune justification légale. »

Yassine Bannani

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