Plusieurs femmes du 18e arrondissement de Paris ont décidé de prendre la plume pour protester. Non pas contre le traitement médiatique réservé à leurs quartiers, car le harcèlement de rue y existe sans doute comme il existe partout ailleurs. Mais ces femmes ont voulu répondre aux médias et à tous ceux qui ont récupéré l’histoire du quartier de La Chapelle-Pajol pour stigmatiser une partie de la population. Ces habitantes du 18e vivent à La Chapelle, Pajol ou encore Barbès, un quartier populaire qu’elles aiment. « Nous ne nions pas qu’il y ait du sexisme, mais pas plus que dans tout autre quartier », écrivent-elles sur une affiche qu’elles ont décidé de placarder sur les murs de leur arrondissement. Elles rappellent que, « partout dans le monde, les hommes profitent des femmes. » Mais ces femmes veulent avant tout rappeler que, dans leur quartier, « la solidarité est forte » et c’est la raison pour laquelle « les migrants s’y réfugient faute de pouvoir habiter quelque part, dans un logement. »

Or, ce collectif n’apprécie pas que cette concentration de migrants serve à porter un message nauséabond de la part de prétendues féministes, bien silencieuses habituellement lorsqu’il s’agit de dénoncer le sexisme classique. Au-delà du racisme, ces femmes estiment que c’est une véritable lutte des classes qui se joue à La Chapelle. « Depuis plusieurs années, petit à petit la bourgeoisie s’installe dans notre quartier et veut le transformer à son image, en repoussant la misère hors de sa vue », explique le collectif, qui dénoncent le fait que « les flics occupent l’espace public en permanence, pour chasser les pauvres et la misère, la repousser toujours plus loin d’un Paris qui se veut aseptisé. » Ces femmes concluent leur message en rappelant qu’elles sont « contre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et anti-pauvres, sur fond de campagne électorale. » Pour elles, il « est trop facile de se rappeler des femmes quand il s’agit de virer les pauvres et les étrangers. » Un cri de colère salvateur.