Mohammed Moussaoui, Franco-Marocain de 55 ans, déjà président du CFCM de 2008 à 2013 et seul candidat en lice, a été élu pour deux ans avec 60 voix « pour » par le conseil d’administration, qui comprend 87 membres.

Il était le seul candidat après le retrait samedi de la candidature de Chems-Eddine Hafiz, tout juste élu nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie), et qui avait appelé à soutenir Mohammed Moussaoui, après la démission de Dalil Boubakeur.

« Il y avait une bonne volonté de toutes les composantes de partir sur une liste commune et consensuelle (…) Cela a permis une composition du bureau qui j’espère va pouvoir affronter les défis qui sont les nôtres », a déclaré M. Moussaoui le nouveau président à la presse.

Les deux vice-présidents sont M. Hafiz et Ibrahim Alci (fédération CCMTF, proche de la Turquie). Ils seront respectivement présidents en 2022 et en 2024.

M. Moussaoui est également président de l’Union des mosquées de France (UMF, proche du Maroc), l’une des composantes du CFCM, fédération qui a gagné le plus d’élus (18 sur 45) lors de la première étape des élections qui se sont déroulées au niveau régional en novembre.

Souvent critiqué pour son manque de représentativité et de résultats, marqué par les querelles entre fédérations restées proches des pays d’origine des communautés (Maroc, Algérie, Turquie…), le CFCM, créé en 2003, est cependant le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur le culte musulman

Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois regretté la persistance de cet « islam consulaire » (sous l’influence des pays étrangers), entend mieux encadrer le culte musulman, en garantissant plus de transparence dans son financement. L’exécutif doit faire des propositions en février à ce sujet.

Le CFCM est surtout très attendu sur le renforcement de la lutte contre la radicalisation, un terme pourtant galvaudé. Fin octobre, après l’attaque à la préfecture de Paris et en pleine polémique sur le port du voile, le chef de l’Etat avait appelé le CFCM à « un changement de rythme pour qu’il combatte, au côté de l’Etat, le communautarisme et l’islamisme ».

Mohammed Moussaoui a promis de mettre en place un Observatoire contre le radicalisme et de travailler sur la formation initiale et continue des imams et aumôniers.