Malaisie : La certification halal Jakim est un Must Have pour les marques qui souhaitent intégrer les marchés asiatiques.

Loin des enjeux religieux et politiques, la Malaisie a porté la question du halal sur le plan du business responsable. Fort d’un organisme de certification étatique leader dans le monde, le pays reconnait 15% des certificats halal délivrés dans plus de 56 pays en 2011.

Certification halal Jakim : Le numéro un

Le label halal du Jakim est conféré par le ministère du développement islamique de la Malaisie (Jabatan Kemajuan Islam Malaisie). Ce sigle standard est utilisé dans tout le pays. La certification halal Jakim se base sur un ensemble de directives strictes assemblées dans le cahier des charges de l’organisme pour statuer d’une manière rigoureuse sur le caractère halal des produits. Le contrôle couvre un spectre d’activités assez large : de l’abattage des animaux (pour que la viande soit halal) à la fabrication de produits alimentaires. Jakim agit également en dehors du territoire malaisien afin de certifier les produits importés en Malaisie. Si l’autorité enregistre une violation aux règles de la Chariaa islamique dans le processus de production ou de fabrication, la vente du produit en question sera interdite. Le label Jakim concerne principalement quatre grandes catégories : les produits alimentaires, les produits non-alimentaires (cosmétiques, détergents, dentifrices…), les abattoirs ainsi que la logistique. Quand il s’agit d’abattage rituel, Jakim applique un standard très strict à savoir le MS1500. Ce protocole définit d’une manière précise les méthodes d’abattage qui sont conformes aux préceptes de l’islam. Le certificateur avalise l’usage de l’électronarcose par la méthode des bains d’eau. Le Jakim autorise également l’utilisation du pistolet pneumatique ainsi que l’abattage mécanisé. Les contrôleurs s’assurent entre autres que l’étourdissement de l’animal par ces différentes méthodes ne cause pas la mort de l’animal avant l’abattage. Selon le certificateur malaisien le sacrifice est en ce cas conforme aux règles dictées par le Saint Coran:« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce pour quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne et celle qu’une bête féroce a dévorée, excepté celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte. Vous sont interdits aussi la bête qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches » (Verset 3 /Sourate 5).

Épée de Damoclès pour les exportateurs halal

La certification halal Jakim est très contraignante mais elle constitue un passage obligé pour intégrer les marchés asiatiques. De ce fait, plusieurs marques cherchent à estampiller leurs produits avec le label du Jakim. En 2011, cet organisme a reçu 4 237 demandes et en a accepté 1 674. Ce label attire la convoitise des industriels mais aussi des prestataires de services tels que les opérateurs du tourisme halal, les banques, les transporteurs… Voulant se positionner en tant qu’acteur de référence dans la certification halal, la Malaisie organise la majorité des événements dédiés au halal dans le monde : « World Halal Forum », « World Halal Summit », « Malaysian International Halal Showcase » (MIHAS), « Halal’s week ». Pour confirmer son positionnement de leader, la Malaisie a signé, en 2011, un accord avec la France pour concrétiser un partenariat entre le port de Marseille-Fos et le port de Keelang. Ce hub constitue une plateforme incontournable pour améliorer les échanges des produits certifiés halal entre les deux pays. Cet accord profite le plus à la Malaisie qui va être capable de fournir ses productions à la grande distribution profitant ainsi d’un marché halal européen évalué à 22.5 milliards d’euros.

Source (ici)

Pierre Z. Lajarge

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