Laurent Wauquiez est revenu sur l'engagement de sa région de financer l’Institut de civilisation musulmane de Lyon.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes revient sur l’engagement du Conseil régional de financer un projet d’institut culture de civilisation musulmane à Lyon.

Après Christian Estrosi, qui a tout fait pour que le centre En-Nour de Nice ne puisse être inauguré, c’est au tour de son collège de parti Laurent Wauquiez de tout mettre en œuvre pour qu’un centre culturel musulman ne puisse pas ouvrir à Lyon. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes vient d’indiquer qu’il ne financerait pas, comme prévu, l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM). Celui qui, en 2015, assurait qu’il existe « des problèmes de conciliation de l’Islam avec la République et avec notre mode de vie », refuse en effet que des pays étrangers — en l’occurrence l’Algérie et de l’Arabie saoudite — interviennent dans le fonctionnement de ce centre.

Un engagement de la région non tenu

Dans une lettre au recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, Laurent Wauquiez estime pourtant que le projet de l’IFCM « s’inscrit dans la nécessité d’asseoir l’Islam de France dans une République apaisée, éclairée, assise sur les valeurs qui l’ont construite et ouverte sur d’autres cultures. » Mais alors, pourquoi ce revirement ? « Dans cet espace de la République, fragile et précieux, nous ne pouvons considérer que viennent s’immiscer de manière significative des Etats étrangers par le biais du financement de l’IFCM », précise le président de région.

Pourtant, le financement par la région avait été actée par le prédécesseur de Laurent Wauquiez, le socialiste Jean-Jack Queyranne. Un million d’euros devaient alors être alloués à l’IFCM. Mais pour Laurent Wauquiez, « la région n’est pas en mesure de s’engager dans ce projet de financement. » Une « décision politique », selon Kamel Kabtane, qui estime qu’« on est en train de faire payer aux musulmans ce qui se passe en France et dans le monde. » Mais qu’importe, le recteur assure que l’IFCM verra bel et bien le jour, avec ou sans l’aide de la région. Les travaux ont, de toute façon, débuté en mai dernier.

Pierre Z. Lajarge

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