Deux femmes voilées ont été priées de quitter un restaurant en Île-de-France. La scène a été filmée, le restaurateur sommé de s’excuser.

« Tous les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes. Voilà, cette phrase veut tout dire. » Lorsqu’il reçoit, dans son restaurant, deux clients musulmanes voilées, le patron du Cénacle, Tremblay-en-France, ne cache pas son islamophobie. La scène se déroule la semaine dernière, elle a été filmée et relayée par le site Islam & Info. Lorsque l’une des deux clientes s’étonne que le propriétaire du restaurant soit raciste, celui-ci le confirme : « Les racistes comme moi ne tuent pas les gens », argue-t-il. La diffusion de cette vidéo a provoqué dégout et indignation chez nombre d’associations qui s’étaient battues contre la verbalisation de femmes voilées sur certaines plages de France.

A droite, on crie à la manipulation

Du côté des politiques, restés très silencieux pendant l’été quant aux arrêtés municipaux anti-burkini, on a également réagi. C’est le cas de Laurence Rossignol, qui a jugé la réaction du patron de restaurant « intolérable. » Le député-maire de Tremblay-en-France écrit, dans un communiqué, que « la population tremblaysienne se sent meurtrie et indignée par une attitude contraire aux valeurs de la République » et estime que « c’est à la justice qu’il revient de sanctionner avec sévérité les propos et actes racistes, s’ils s’avèrent exacts. » Pour Laurent Wauquiez, le nouveau patron par intérim des Républicains, « le restaurateur (…) s’est exprimé en disant qu’il (…) regrettait ses paroles. C’est bien qu’il l’ait fait et c’est à son honneur. Ces paroles sont indignes, il les a corrigées, tant mieux. »

Le patron du Cénacle s’est en effet excusé. Il faut dire que, depuis la révélation de cette affaire, la réputation de son établissement est en train de dégringoler. « J’ai pété un plomb. Un ami est mort au Bataclan, j’ai tout mélangé », explique le restaurateur qui, selon le journaliste du Parisien Thomas Poupeau, a promis de s’excuse publiquement. De son côté, le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour « discrimination à caractère racial. » Alors que, comme l’avait fait Julien Dray pour l’épisode de la femme voilée verbalisée sur une plage, certains à droite crient au complot. Comme Zohra Bitan, de l’UDI, qui dénonce un « business de l’islamophobie » et qui s’étonne que deux musulmanes aient eu l’outrecuidance de se rendre dans un restaurant non-halal.

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