Caroline Fourest est-elle islamophobe ? L'essayiste et polémiste répond à cette question et nous parle de religion. Partie 1.

La première fois que nous avons écrit à Caroline Fourest, nous n’imaginions pas nous retrouver, quelques jours plus tard, à discuter avec elle d’Islam et de laïcité. C’est avec un apriori négatif que nous nous sommes lancés dans l’étude de ses textes, notamment sur son blog. Après lecture de ces derniers, force était de constater qu’il est difficile de placer Caroline Fourest sur un curseur. Est-elle islamophobe comme on le lit sur de nombreux sites ? Est-elle une provocatrice qui aime être détestée ? Est-elle obsédée par les musulmans ? Nous lui avons demandé. Première partie de notre interview avec Caroline Fourest. Elle évoque l'islamophobie, la religion, Tariq Ramadan ou encore son prix aux « Y'a bon awards »... (© photo : JP-Baltel)

LeMuslimPost : Caroline Fourest, êtes-vous islamophobe ?

Caroline Fourest : Cela fait douze ans que cette accusation circule contre moi, depuis la sortie mon livre sur Tariq Ramadan, et personne n’a jamais pris la peine ou le temps de me poser la question… Merci de le faire ! Je vous réponds : non. Absolument pas. Je suis antiraciste de conviction, donc anti-« phobes » en tous genres. Mais je suis aussi spécialiste de l’intégrisme, donc amenée à travailler et à dénoncer l’intégrisme (juif, chrétien ou musulman). Ce qui m’a valu d’être traitée d’« islamophobe » par des islamistes, de « christianophobe » par l’extrême droite catholique et d’avoir été dépeinte en « collabo des nazis » par des extrémistes juifs lorsque j’ai critiqué la politique de la droite israélienne dans mes chroniques. Exactement comme l’accusation d’antisémitisme peut parfois servir à disqualifier la critique d’une certaine politique israélienne, l’accusation d’« islamophobie » (littéralement phobie envers l’Islam) peut servir à amalgamer tout propos simplement critique envers l’intégrisme, l’instrumentalisation politique et liberticide du religieux avec une forme de rejet de l’Islam ou des musulmans.

«LORSQUE JE DÉNONCE LES ACTES ANTIMUSULMANS, ON NE L’ENTEND PAS...»

LeMuslimPost : Vous réfutez le terme « islamophobie », inventé selon vous « par les islamistes pour piéger le débat et détourner l’antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. » Ne peut-il y avoir une vraie islamophobie comme il existe de l’antisémitisme ?

Caroline Fourest : Je ne dis pas que les islamistes sont les seuls à l’employer. Je dis qu’ils ont été les premiers à avoir compris l’intérêt de ces campagnes en « islamophobie » pour disqualifier leurs adversaires féministes et laïques, ou dans un sens anti-blasphème. Si vous les écoutez, défendre la laïcité, c’est de l’« islamophobie », critiquer les mouvements islamistes, c’est de l’« islamophobie », avoir peur des attentats, c’est de l’« islamophobie » ! Du coup, on voit de l’« islamophobie » partout, comme le CCIF, qui triche en ajoutant à d’authentiques agressions antimusulmanes des actes qui n’ont rien avoir, comme le vol sur une mosquée (par des délinquants) ou le meurtre d’un musulman par un autre musulman (pour des raisons de violence interpersonnelle). Le racisme antimusulmans existe. Ces propos et ces actes antimusulmans, comme les agressions physiques de femmes voilées, je les dénonce. Mais quand je les dénonce, on ne l’entend pas. Et quand je critique les intégristes, on me traite d’« islamophobe. »

LeMuslimPost : Nier son existence avant 1979, n’est-ce pas une réécriture de l’Histoire ?

Caroline Fourest : C’est une fausse polémique. Je critique ce mot pour la confusion de sa sémantique et son utilisation politique actuelle, on me répond qu’il a déjà été utilisé autrement, une fois, en 1910. So what ? Les islamistes l’utilisent, au moins depuis 1979 et plus encore depuis l’affaire Rushdie, pour assimiler toute critique de l’intégrisme à du racisme. Des féministes américaines qui avaient soutenu la révolution contre le Shah mais refusaient l’obligation du voile ont été traitées d’« islamophobes. » Certains ont écrit que ce n’était pas possible car ce mot n’existe pas en farsi… C’est malhonnête et idiot, car elles ont été injuriées en anglais ! Eh oui, même les intégristes iraniens savent parler anglais… Par la suite, à la fin des années 80 et au milieu des années 90, des islamistes anglais ont traité Salman Rushdie puis Taslima Nasreen d’« islamophobes. » C’est le même procès d’intention qui est à l’œuvre aujourd’hui lorsque des laïcs comme moi, Elisabeth Badinter ou Kamel Daoud se font traiter d’« islamophobes. » Nous ne sommes pas les premiers, et nous ne serons pas les derniers. L’accusation d’islamophobie a pour but de nous diviser et de nous monter les uns contre les autres. De mettre un stigmate sur nos têtes. Pour que certains puissent nous agresser et que les autres aient peur de se solidariser avec nous contre ces agresseurs. Ce procès consiste à jeter l’anathème sur des laïcs, très souvent des musulmans laïques, pour permettre aux intégristes de manipuler plus tranquillement les gens qui, de bonne foi, ont peur d’être rejetés. Ceux qui sont à l’origine de ces cabales espèrent qu’on ne lira pas nos textes. Et ils ont raison de ne pas vouloir qu’on lise mes textes. Ils y trouveraient une dénonciation constante de tous les intégrismes et de l’extrême droite raciste ! Aujourd’hui ce chantage et cette tentative de censure fonctionnent de moins en moins. Ceux qui lisent mes livres et regardent mes films voient bien que je ne suis pas « islamophobe », et même que je combats les « musulmanophobes », ceux qui rejettent vraiment les musulmans. Mes blogs qu’ils soient en français, en arabe ou en anglais ont toujours été lus dans le monde arabe et musulman. Ils le sont de plus en plus.

La loi de 1905 a été nécessaire pour protéger le religieux de l’ingérence politique et le politique de l’ingérence religieuse. La loi de mars de 2004 s’inscrit dans cette histoire. Je sais que certains musulmans l’ont vécue comme une loi d’exception. C’est exactement le contraire. C’est une exigence liée au désir d’égalité.

Retrouvez la seconde partie de l'interview de Caroline Fourest ici. 

LeMuslimPost : Vous êtes un personnage complexe. On sent une sincérité dans tout ce que vous dites, mais on imagine également que vous prenez beaucoup de plaisir à être si détestée par certaines catégories de personnes…

Caroline Fourest : Non, je vous assure que je n’y prends aucun plaisir. C’est même douloureux parfois de voir que cette propagande, d’une mauvaise foi inouïe, puisse marcher. Par contre, vous avez raison, j’ai choisi de me blinder et de faire avec. Je ne sais pas dire autre chose que ce que je pense sincèrement, depuis toute petite. Mes parents m’ont élevée dans la détestation de l’hypocrisie. C’est peut-être pour ça que je suis devenue journaliste et que je me suis spécialisée dans l’étude du « double discours », que ce soit celui de Tariq Ramadan ou de Marine Le Pen. Quand je vois des confrères se faire embarquer par n’importe quelle propagande, quand je vois que certains acceptent de croire et d’écrire que Tariq Ramadan n’a rien à voir avec les Frères musulmans ou que le Front national n’est plus un parti raciste, j’ai le sentiment de devoir prendre la plume, quitte à prendre des coups, pour rétablir la vérité. Ces dernières années, j’ai travaillé sur à peu près tous les propagandistes les plus radicaux : l’extrême droite catholique, la droite religieuse américaine, le FN, Tariq Ramadan, les complotistes… Ça fait pas mal de fans énervés contre moi. Tant pis. Je me fiche de déplaire aux trolls ou à ceux qui suivent ces gourous les yeux fermés. Je fais mon travail pour parler aux autres : ceux qui refusent de se faire manipuler.

LeMuslimPost : D’un côté, vous êtes considérée par l’extrême droite comme islamophile, de l’autre comme une islamophobe. Comment expliquez-vous cela?

Caroline Fourest : Le sens de l’équilibre ! (sourire) Après dix ans passés à travailler presque exclusivement sur l’extrême droite catholique, j’ai passé dix ans à travailler aussi sur l’intégrisme musulman. Je suis assez fière de fâcher autant les uns que les autres. Quand je critique Tariq Ramadan ou les Frères musulmans pour leur hypocrisie, leurs réseaux m’accusent d’être « islamophobe. » Mais quand je dénonce, parmi les premières (voir ici, ici, ici, ici et ici), Riposte laïque pour son racisme antimusulmans, son association avec le Bloc identitaire et leur « apéro saucisson », ils me traitent d’« islamophile. » Je trouve cela très sain et très logique. Les gens intelligents finiront bien par comprendre ma ligne, à la fois antiraciste et laïque : non pas ne rien dire et ne rien faire, mais combattre à la fois l’intégrisme et le racisme.

« Je défends une laïcité mesurée »

LeMuslimPost : Vous avez obtenu le Prix national de la laïcité remis par le Comité Laïcité République en 2005 pour vos actions « contre tous les fondamentalismes religieux et leurs avatars liberticides, ainsi que pour leur engagement face à l’extrême droite. » Plus qu’une laïque, n’êtes-vous pas avant tout une farouche opposante aux religions quelles qu’elles soient ?

Caroline Fourest : La laïcité que je défends est une laïcité très mesurée : c’est celle du compromis de 1905, qui consacre la liberté de conscience, donc la liberté de religion. D’ailleurs, je ne travaille pas sur le religieux en soi, mais sur l’intégrisme. Que je définis dans tous mes livres comme une instrumentalisation politique du religieux. Je dirais même qu’en travaillant contre l’intégrisme, je défends quelque part le droit des croyants et au spirituel à ne pas être instrumentalisés. Je crois beaucoup à l’avenir du soufisme quiétiste. De très nombreux musulmans, de par le monde, ne supportent plus les Frères musulmans et leurs manipulations politiques, ni bien sûr les atrocités de Daesh. Après ces années terribles, les vrais croyants reviendront très probablement à une lecture plus spirituelle. Comme les catholiques d’ouverture lorsque l’Eglise est allée trop loin dans l’intolérance. J’ai écrit mes premiers livres contre l’intégrisme catholique chez des catholiques de gauche. Aujourd’hui, je me bats contre l’intégrisme avec des juifs et des musulmans laïques, croyants mais respectueux et même amoureux de la laïcité. Cela fait des années que je me bats pour montrer une autre image de l’Islam, lorsque je défends les Ouïghours ou les Rohingyas dans mes chroniques. Ou lorsque j’ai réalisé cette série de films donnant la parole à des femmes musulmanes (voir ici) venant de cultures très différentes. S’il n’existait plus aucune menace intégriste, dans aucune religion, je ne travaillerais plus que sur l’extrême droite raciste… Hélas, l’intégrisme se porte bien, il est même très virulent, et il fait monter l’extrême droite.

LeMuslimPost : Dans vos différents travaux, que ce soit en enquêtant sur Tariq Ramadan ou en travaillant sur les Femen, vous considérez-vous comme une militante plus qu’une journaliste ? Une idéologue ? Une polémiste ?

Caroline Fourest : Quand il s’agit d’un homme, on parle tout simplement d’intellectuel engagé. Je m’inscris dans cette tradition d’hommes ou de femmes ayant choisi de militer en prenant la plume et non l’épée. Je ne suis pas philosophe de métier mais essayiste, j’écris des essais, je réalise des documentaires. Je suis aussi diplômée de l’EHESS et j’enseigne à l’Institut de Sciences Politiques. Mais contrairement à certains chercheurs qui tentent de cacher leur prisme militant sous un langage ésotérique, j’assume totalement d’où je parle. Je suis féministe, antiraciste et laïque. Je travaille sur des gens très radicaux, mais je défends des idées toutes simples : liberté, égalité, fraternité, laïcité. « Polémiste » au sens ancien, au sens de participer au débat d’idées, oui. Mais « idéologue », non. J’ai horreur des gens qui tordent la réalité pour aller dans leur sens. J’adore enquêter, douter pendant des mois, penser contre soi-même. Mais lorsque j’ai trouvé des éléments convaincants, lorsque mon idée est faite, c’est vrai, je défends mes convictions d’une façon qui peut apparaître comme très déterminée et donc arrêtée. J’en ai conscience. Mais c’est lié à ma passion pour l’information … Et chacun peut juger par lui-même. Mes livres sont très annotés, très fouillés. Comme je donne beaucoup de détails, il peut m’arriver de me tromper sur une date ou la durée d’un trajet en train, ce que mes adversaires vont aussitôt utiliser, c’est de bonne guerre, mais contrairement à eux, si je me trompe, je le dis et je rectifie aussitôt. Sur mon blog ou dans les rééditions de mes livres.

« J'ai passé neuf mois à lire les livres de Tariq Ramadan »

LeMuslimPost : On a l’impression qu’on utilise contre vous les mêmes méthodes que vous utilisez contre Tariq Ramadan : en retirant certaines phrases de leur contexte dans des interviews données à l’étranger, on peut facilement penser que vous avez un double discours. Par exemple, Pascal Boniface écrit : « Dans une tribune dans le Wall Street Journal du 2 février 2005, elle s’alarmait de l’incapacité des immigrants arabes à s’intégrer. » Or, en la lisant, on admet volontiers que le message que vous vouliez faire passer n’était pas celui-là. Et si Tariq Ramadan n’avait, en fait, pas un double discours ?

Caroline Fourest : Déjà, merci d’avoir vérifié pour le Wall Street Journal… Peu l’ont fait. Cette manipulation a permis à Pascal Boniface de me traiter de « serial menteuse. » A partir d’un mensonge donc… Les alliés de Tariq Ramadan trichent régulièrement pour pouvoir m’accuser de tous les travers que je lui reproche. C’est la base des propagandistes. Accuser le lanceur d’alerte des mêmes maux, avec les mêmes mots, pour annuler l’alerte. J’ai accusé Ramadan de mensonges, alors il m’a accusée de mensonges. Puis Boniface a repris l’accusation, puis Marine Le Pen, etc. La différence entre eux et moi, celle qui explique pourquoi mes lecteurs continuent à me faire confiance, c’est que j’ai démontré ce que j’avançais dans des livres et que je m’excuse lorsque je commets, de bonne foi, une imprécision. Tariq Ramadan, lui, triche délibérément. En ne disant que la moitié de sa pensée dans les médias et l’autre dans les cercles fréristes comme l’UOIF. Par stratégie. Il s’est plaint pendant des années d’être accusé de « double discours » sans que personne n’aille vérifier. Il avait raison. Moi, je l’ai fait. J’ai passé neuf mois à lire tous ses livres, à écouter toutes les cassettes de ses conférences disponibles en librairies, à interroger son premier directeur de thèses, des anciens camarades ou ses militants. Et finalement, même en Français, j’ai trouvé d’authentiques preuves d’un discours pensé pour rassurer l’extérieur et d’un discours destiné à l’intérieur. Par exemple sur Hassan Al Banna… Tariq Ramadan dit, quand on le met en accusation, qu’il n’est que son petit-fils et qu’il peut être critique envers son héritage, mais il ne le critique pas du tout. Il a fait une thèse apologétique sur son grand-père (qui a d’ailleurs été refusé par un premier jury), où il a gommé tout aspect antidémocratique et totalitaire, et il enseigne Hassan al Banna comme le plus grand réformiste musulman, comme un modèle à suivre aux musulmans d’Europe ! J’ai écouté vingt fois ses cassettes sur son grand-père, il n’a pas un mot réellement critique… Mon livre fait 424 pages et il comporte 600 notes de références. Lisez, et jugez par vous-même, vous trouverez des tas d’exemples de double discours ou de discours à double entrée.

« Charlie n'a jamais incité à la haine »

LeMuslimPost : Avec l’attentat contre Charlie Hebdo, on a l’impression que si l’on n’est pas Charlie, on est forcément pour les intégristes. Peut-on ne pas aimer Charlie — et je ne parle pas ici de leur refuser leur liberté d’expression à laquelle, bien entendu, ils ont droit — et condamner les attentats ? Autrement dit, a-t-on le droit de ne pas rire de tout, seulement parce qu’on ne trouve pas cela très drôle ?

Caroline Fourest : Bien sûr ! C’est même ce que j’explique dans « Eloge du blasphème ». On peut ne pas aimer lire Charlie et donc ne pas lire Charlie ni regarder ses dessins ! On peut aussi dire : « Je n’aime pas Charlie ni tous leurs dessins. » MAIS je refuse qu’ils soient menacés de mort. Ce qui a choqué, ce qui pose question, c’est lorsque des gens disent l’inverse : « Je ne dis pas qu’il fallait les tuer MAIS ils n’avaient pas à faire ce qu’ils ont fait… » En gros, ils l’ont bien cherché. C’est atroce d’entendre ça. Ce n’est pas seulement intégriste, c’est inhumain. Et cela revient à conforter la propagande des criminels.

LeMuslimPost : Annoncer vouloir porter plainte contre ceux qui ont décerné un « Y’a Bon Awards », une cérémonie qui se veut humoristique, n’est-ce pas contradictoire avec votre volonté d’une liberté d’expression totale ?

Caroline Fourest : Je porte vraiment trop peu plainte au regard de tout ce que je lis de faux et de violent contre moi. Cette plainte a peu de chances d’aboutir, mais j’ai voulu tirer la sonnette d’alarme. Dire aux jurés de ce prix : « Arrêtez deux secondes l’intox. » C’était avant les attentats de Charlie, mais je vivais déjà avec sur ma tête des menaces. Or ces menaces sont facilitées par les accusations à tort et à travers d’« islamophobie. » Quand quelqu’un est traité d’islamophobe, son nom circule sur les sites djihadistes (c’est mon cas) et devient une cible à abattre. C’est pour cette raison que tout le monde se mobilise pour Kamel Daoud. La plupart des sicaires qui l’ont désigné à la vindicte vivent tranquillement en Occident… Lui non. Enfin, je n’ai jamais défendu une liberté d’expression absolue. Je crois qu’on doit rendre des comptes quand on diffame, lorsqu’on incite à la haine ou au crime. Charlie n’a jamais incité à la haine, même pas à rire des musulmans, juste à rire des fanatiques qui pourrissent la vie des musulmans et des non-musulmans. Par antiracisme et par esprit libertaire. Voilà pourquoi nous avons gagné notre procès lors de l’affaire des caricatures. Parce qu’il n’y avait aucune haine dans ce numéro. Nous avons pu démontrer, au contraire, que le dessin de Cabu combattait l’amalgame entre Mahomet et les fanatiques… Mahomet est consterné par eux dans le dessin ! En revanche, quand les « Y a bon Awards » sortent un propos laïque de son contexte pour faire croire à un propos raciste, c’est de la diffamation. De même quand Medine chante : « Crucifions les laïcs comme à Golgotta », cela va bien au-delà d’une simple satire, c’est un appel à la violence… Charlie n’a jamais appelé à trucider les religieux comme au temps de la Révolution ! La seule fois de son histoire où un dessin de Charlie a été condamné, c’était parce qu’on y voyait un pape guillotiné… La cour a estimé que cela pouvait inciter à la violence physique. Si nous avions fait ça sur l’Islam, nous aurions été condamnés aussi. Zemmour est condamné quand il tient des propos racistes. Medine, lui, vend des disques en chantant qu’il faut « crucifier les laïcs. » Sans être poursuivi. Et bien sûr sans prendre le risque de se voir trouer la peau par un extrémiste pour ses clips. Cela ne demande pas exactement le même cran que Kamel Daoud, Boualem Sansal ou Dilem, menacés de mort pour avoir parlé des islamistes.

Laisser un commentaire