Au Canada, après six mois de travail, Justin Trudeau et son gouvernement ont amorcé une façon nouvelle de faire de la politique. Et ça fonctionne !

Après six mois de travail, Justin Trudeau est en train de montrer au monde entier qu’une nouvelle politique est possible. Le Canada est aujourd’hui un exemple à suivre.

Trente ans après son père Pierre, Justin Trudeau est devenu le 23e Premier ministre du Canada. C’était en octobre dernier. Et six mois après sa prise de fonctions, le résultat est à la hauteur des espoirs : le Premier ministre canadien a révolutionné la politique et envoyé un message fort aux démocraties vieillissantes comme la France : oui, on peut faire de la politique et ne pas stigmatiser une partie de la population. Trudeau a notamment frappé très fort quand, le 5 novembre dernier, il a formé un gouvernement paritaire et ouvert à plusieurs minorités.

Une charte contre les discriminations

Parmi la trentaine de ministres, les femmes ont notamment obtenu des portefeuilles de taille, comme la Justice, le Commerce International et la Santé. « Parce que nous sommes en 2015 », résume simplement le Premier ministre, qui a aussi nommé deux ministres de confession sikhe — le ministre de la Défense Harjit Singh Sajjan et le ministre du Développement économique, Navdeep Bains —, une autochtone à la Justice et deux autres ministres atteints par un handicap. Dès janvier, Justin Trudeau fait sensation lorsqu’est diffusée une vidéo où on l’aperçoit, en 2013, en qamis à la mosquée de Surrey, pour la prière.

Un gouvernement canadien de diversité.

Alors qu’en France, le Premier ministre combat le voile, Justin Trudeau a réitéré, dès sa prise de fonctions, son engagement à laisser « le libre choix » aux femmes musulmanes de porter le foulard islamique. Aux Canadiens, il affirme : « Vous et vos concitoyens avez choisi un nouveau gouvernement, un gouvernement qui croit profondément dans la diversité de notre pays. Nous savons dans notre chair que le Canada a été bâti par des gens de tous les coins du monde de toutes les croyances, toutes les cultures, qui parlent toutes les langues. » Et d’ajouter : « Nous croyons en nos cœurs que la diversité unique de ce pays est une bénédiction offerte par les générations précédentes de Canadiens, Canadiens qui refusaient les préjugés et la discrimination  sous toutes ses formes. »

Des excuses pour avoir refusé des réfugiés sikhs

Et lorsque, à quelques encablures du Canada, Trump dérape sur les musulmans, Justin Trudeau rappelle son opposition ferme aux politiques de division, de peur et d’intolérance. « Je me suis positionné clairement contre ça dans la charte des valeurs, ces enjeux de division mis de l’avant par la précédente première ministre du Québec », explique-t-il, visant ensuite « le précédent gouvernement qui jouait à des jeux dangereux avec des enjeux portant sur les voiles et la citoyenneté. » « Si nous permettons à un politicien de remporter du succès en faisant peur au monde, nous ne serons pas plus en sécurité. La peur ne fait pas en sorte que nous soyons plus en sécurité, elle fait en sorte de nous rendre plus faibles », résume le Premier ministre canadien.

Aujourd’hui, Justin Trudeau veut continuer sur sa lancée. « Comme nation, nous ne devrions jamais oublier les préjugés dont a souffert la communauté sikhe de la part du gouvernement canadien de l’époque. Nous ne devrions pas oublier et nous n’oublierons pas », dit-il, annonçant son intention d’être le premier dirigeant à présenter officiellement des excuses de la part du Canada à la communauté sikhe, cent-deux ans après que le Komagata Maru, un navire parti de Hong Kong, n’ait pu débarquer ses 376 passagers sikhs à cause des lois contre l’immigration de l’époque. Le navire avait fait demi-tour et une vingtaine des personnes voyageant sur le navire avaient été tuées à leur retour en Inde.

Yassine Bannani

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