Ce mercredi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) livre une enquête édifiante. On le savait, à Calais, les forces de l’ordre agissaient parfois de façon totalement inhumaine. Mais le document que vient de publier, ce mercredi, l’ONG va au-delà des pires craintes. Human Rights Watch a mené une soixantaine d’entretiens avec des demandeurs d’asile et des migrants, cet été. Ces derniers dénoncent une répression sans pareil des forces de l’ordre et des violences souvent gratuites. Et les cibles des policiers sont très différentes : les migrants, mais aussi les bénévoles des associations qui leur viennent en aide. Le Défenseur des droits avait déjà dénoncé les conditions de vie de ces personnes à Calais. L’enquête d’HRW vient confirmer que la situation est plus catastrophique qu’on ne l’imaginait. Car si on savait que les migrants été insultés et violentés par les forces de l’ordre, HRW nous apprend en plus que le gaz poivre contenu dans les bombes lacrymogènes de défense est utilisé quotidiennement.

Et les conséquences sont elles aussi désastreuses… « L’agent chimique conçu pour maîtriser des personnes se comportant violemment, cause une cécité temporaire, de fortes douleurs oculaires et des difficultés respiratoires, qui durent en général de trente à quarante minutes, précise le rapport. La nourriture et l’eau aspergées de gaz poivre ne peuvent plus être consommées, tandis que les sacs de couchage et les vêtements doivent être lavés avant de pouvoir être utilisés à nouveau. » Des conditions de vie inhumaines et une volonté réelle de la part des forces de l’ordre de gazer tout ce qui pourrait aider un tant soit peu ces personnes en détresse. Un adolescent érythréen se souvient par exemple d’aspersions qui « ont lieu presque chaque nuit. Les policiers s’approchent de nous pendant que nous dormons et nous aspergent de gaz. Ils le pulvérisent sur tout notre visage, dans nos yeux. » La sous-préfecture de Calais réfute les faits. Mais les faits compilés dans ce rapport d’Humain Rights Watch semblent précis et semblent tous converger.