Après la publication d’un décret de dissolution, BarakaCity s’est organisée : l’ONG a en effet contesté, devant le Conseil d’Etat, sa dissolution administrative décidée en Conseil des ministres. Les deux avocats de l’association musulmane rappellent que l’Etat veut, là, « cibler l’association à la suite d’un attentat avec lequel elle n’a strictement aucun lien et qu’elle a condamné fermement ». En effet, après l’assassinat d’un enseignant, Gérald Darmanin a décidé d’envoyer un message aux organisations musulmanes, même si celles-ci n’avaient rien à voir avec l’enquête.

Nouveau coup dur pour BarakaCity : après sa dissolution, l’ONG a eu la mauvaise surprise de voir ses dons bloqués par sa banque, la Société Générale. Après avoir annoncé vouloir s’installer en Turquie, Idriss Sihamedi, fondateur de l’ONG déplore l’attitude de sa banque. Il y a quelques jours, il indiquait en effet que « la Société Générale continue de garder 500 000€ de vos dons initialement destinés aux pauvres ».

BarakaCity raconte que, le 22 octobre, soit une semaine avant la dissolution, l’ONG a demandé à la Société Générale d’effectuer un virement vers le Togo, « pour la réalisation de 30 forages et pour notre clinique ». La banque aurait alors affirmé à l’association vouloir « conserver les fonds ».

Ces prochaines heures, BarakaCity assure vouloir engage « une plainte pour vol et escroquerie » contre la banque.« Nous userons d’autres moyens légaux pour que l’ensemble des dons soient transférés, conformément à nos statuts juridiques, vers notre nouveau siège », assure l’ONG.

L’avocat de BarakaCity déplore une situation « juridiquement aberrante », puisque l’ONG est privée d’accéder à ses fonds alors que « la dissolution de BarakaCity a été prononcée par une autorité administrative et qu’aucune audience n’a eu lieu ».