Plusieurs marques ont été dans le collimateur du boycott Israël. La LDJ, croyant bien faire s'est fourvoyée en diffusant de fausses affirmations.

Dimanche 24 août 2014, la Ligue de défense juive (LDJ) fanfaronnait : les 3 marques importantes du marché halal en France seraient détenues par des juifs sionistes. D’après al-kanz.org, il s’avère que l’une d’elles, Isla Délice, n’est affiliée à aucun mouvement pro-israélien et que la marque Reghalal ne soit pas détenue par un sioniste.

Le tweet de la LDJ a fait trembler le marché halal, relançant la polémique autour du halal en France. Selon la LDJ, Isla Délice appartient à Jean-Daniel Herzog, Wassila à Jean-Charles Naouri (propriétaire du groupe Casino) et Reghalal à LDC, dont la première initiale correspondrait à un certain Lévy.

Toutefois, comme l’a fait justement remarquer al-kanz.org, LDC correspond à Lambert Dodard Chancereul. Ainsi la LDJ serait dans le mensonge en diffusant cette fausse information. Denis Lambert est chrétien et n’est donc pas de confession juive.

Quant à Casino, qui détient la marque Wassila, il semblerait que son PDG, Jean-Charles Naouri, soit effectivement un pied-noir juif né en Algérie. Aucune information ne permet d’affirmer qu’il soit sioniste.

Boycott Israël : Isla Délice veut écarter toute polémique

Alors que le sang des palestiniens continuait de couler à Gaza, la mobilisation citoyenne appelait au Boycott Israël. Parmi les marques boycottées, plusieurs appels ont visé la marque Isla Délice. Suite à cela, la marque s’est défendue sur Facebook de toutes implications avec la politique ou le financement de quelque mouvement que ce soit.

Dans son communiqué, la société Zaphir, propriétaire de la marque Isla Délice, affirmait qu’elle était la propriété d’un Français et non d’un israélien. Cet appel au calme a été bousculé par ce tweet de la LDJ, relayé par le réseau social Twitter et par plusieurs articles sur le net.

Marché halal : vers qui se tourner ?

Face aux nombreuses critiques qui secouent régulièrement le marché halal, on est en droit de se demander vers quelles marques s’orienter. Dans un précédent article, nous avons présenté quelques clés pour mieux choisir sa viande halal, en se fiant notamment au certificateur halal ou à la méthode d’abattage.

Autre aspect important dans le choix de sa marque halal : l’aspect financier. En effet, le prix de la viande diffère en fonction de la marque et de la méthode d’abattage. Prenons par exemple le cas de la volaille. Un poulet abattu dans un abattoir à la chaîne mécanisée coûtera moins cher qu’une volaille abattue manuellement. L’essentiel, c’est que le consommateur soit averti et qu’une véritable traçabilité soit mise en place. C’est ce qui pêche actuellement dans le marché halal. Il faudrait que des associations de consommateurs musulmans se regroupent et fassent pression sur les marques pour que la méthode d’abattage soit clairement identifiée sur le produit vendu. C’est ce qui attendu des résultats de l’Afnor, la commission qui se penche sur la question de la traçabilité halal.

Autrement, il ne restera plus au consommateur musulman qu’à se tourner vers le végétarisme !

Source : ici

Yassine Bannani

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