Le réalisateur récompensé à Cannes, Ken Loach, réaffirme son soutien à la Palestine et appelle au boycott académique et culturel d’Israël.

Le réalisateur Ken Loach, qui vient d’obtenir la Palme d’Or à Cannes, a rappelé son engagement pour la Palestine et appelé au boycott d’Israël.

Après avoir tiré à boulets rouges sur Emmanuel Macron et dénoncé le « projet d’austérité (…) conduit par des idées que nous appelons néo-libérales », le réalisateur Ken Loach vient d’affirmer son soutien à la Palestine. La Palme d’Or du dernier festival de Cannes — pour son film « Moi, Daniel Blake » —, était l’invité du festival Ciné-Palestine à l’Institut du monde arabe à Paris, la semaine dernière. « Nous entendons beaucoup parler du conflit en Palestine, mais nous n’entendons pas les voix des Palestiniens », a notamment déclaré Ken Loach, qui dénonce le silence des médias. « Je ne sais pas à quoi ça ressemble en France, mais dans notre pays, le fait que les voix des Palestiniens restent silencieuses n’est pas un accident, a-t-il ajouté. Dans les journaux, dans les émissions, pour un Palestinien, vous entendez dix Israéliens. »

Israël « vole des terres » et « enferme des enfants en prison »

Le réalisateur de « Looking For Eric » et de « Land and Freedom » s’en est ensuite pris aux organisations internationales. « Ce qui nous dépasse est l’impuissance du droit international. » Pour pallier à ce vide juridique, Ken Loach invite les citoyens européens au boycott d’Israël. « Dans l’absence de l’application du droit, nous, en tant que civils, nous devons faire ce qui est possible. Et pour nous, cela veut dire le boycott », a expliqué Ken Loach, en conclusion de son intervention. Il y a deux ans déjà, au quotidien allemand Tagesspiegel, le réalisateur avait indiqué qu’« Israël se présente comme une démocratie occidentale et en même temps enfreint des accords internationaux et ne respecte pas la Convention de Genève, vole des terres auxquelles il n’a pas droit, enferme des enfants en prison et ment à la terre entière par rapport à ses armes nucléaires. » Selon lui, le boycott académique et culturel d’Israël est indispensable pour mettre en œuvre « ce que ni l’ONU ni Obama n’ont réussi à faire, d’amener Israël à rendre » les territoires occupés.

Salma Ben Taïeb

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