Les détracteurs du halal s'organisent et appellent au boycott halal. Quelle est cette nouvelle forme d'islamophobie ?

Afin de répondre à la demande croissante des musulmans soucieux de manger halal, de plus en plus d’entreprises proposent des produits adaptés à la foi musulmane. Ainsi Cadbury, Nestlé, Subway, KFC ou Pepsi ont adaptés leurs offres pour satisfaire les adeptes du halal. Toutefois, ceci n’est pas du goût de tous. Des voix s’élèvent et se mobilisent contre l’expansion des produits halal en proposant le boycott halal.

Pour la plus grande satisfaction de la Oumma, la nourriture halal se démocratise. En Europe comme ailleurs dans le monde, des rayons de supermarché spécialement dédiés au halal se développent et proposent de la viande ou des plats préparés certifiés halal. Le halal fait également son apparition dans les établissements scolaires pour offrir aux écoliers musulmans de quoi se nourrir selon leurs rites religieux.

Toutefois, cela n’est pas au goût de tous et ils le font savoir. De nombreuses pages Facebook ainsi que des sites internet sont dédiés aux frondeurs anti-halal qui s’organisent pour boycotter les produits halal et les marques qui les distribuent. Il existe ainsi une soixantaine de pages Facebook appelant au boycott halal. A titre d’exemple, la page la plus active « Boycott Halal in Australia » réunit 17 100 like (au 15 octobre 2014).

Pourquoi un boycott halal ?

Les personnes qui soutiennent le boycott s’indignent du fait que de la viande soit vendue sans mention halal. Par exemple en Angleterre, de la viande halal était servie aux écoliers sans qu’il soit fait mention du caractère halal de la viande. Cette affaire avait fait polémique en Grande-Bretagne.

Le deuxième point qui fait grincer les dents des détracteurs du halal réside dans le fait qu’une partie du prix du produit est reversée aux organismes de certification. Cette redevance est partagée entre des œuvres caritatives et les certificateurs salariés. C’est là que les associations de consommateurs appelant au boycott trouvent leur principal argument : les œuvres caritatives musulmanes utiliseraient l’argent de la certification pour construire des mosquées et soutiendrait de fait l’expansion de la religion musulmane. En réalité, elles reversent ces sommes d’argent aux plus démunis ; c’est le principe de la zakat.

Le dernier point qui pousse les consommateurs à organiser un boycott halal concerne la protection animale. Selon certains, l’abattage rituel ferait souffrir l’animal. Pourtant de nombreuses études scientifiques ont démontré que l’animal perdait connaissance très rapidement, ce qui évitait la souffrance animale.

Au fond, quelle est la validité des arguments présentés par ces boycotteurs ? Les produits contenant des ingrédients halal sont de plus en plus clairement mentionnés sur les emballages. Le revenu de la certification sert à payer les salaires des certificateurs et sert de zakat pour les plus démunis. Bien pratiqué, l’abattage rituel ne provoque pas plus de souffrance que l’abattage avec étourdissement préalable.

Pour conclure, il faut se rendre à l’évidence, ces boycotteurs du halal méprisent les musulmans et cherchent à les stigmatiser. Ils refusent leur intégration dans la société et préféreraient les voir hors de leur pays. Malheureusement, les arguments de l’extrême droite ont trouvé un écho favorable chez ces personnes. Espérons que ce boycott halal ne prenne pas trop de l’ampleur et que les industriels ne soient pas intimidés face à cette grogne islamophobe.

Source : ici

Mehdi Chaouali

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