Karim Achoui s'est rendu en Birmanie, où il s'est rendu compte de la situation intolérable dans laquelle se trouvent les Rohingya, victimes d'un véritable génocide.

« La minorité musulmane Rohingya pourrait être victime de crimes contre l’humanité. » Voici des propos tenus sur la chaîne d’information i>Télé, qui, par l’intolérable utilisation du conditionnel dans sa phrase, semblent minimiser ce qui n’est autre qu’un génocide.

Alors que le monde et de grandes instances commencent tout juste à ouvrir les yeux sur l’horreur quotidienne et l’insoutenable injustice dont sont victimes les Rohingya depuis des années, alors que l’ONU rapporte des faits intolérables — relatifs à la notion de « crimes contre l’humanité » — menés à l’encontre de cette minorité stigmatisée, discriminée, violentée, exterminée même, le média i>Télé se permet d’émettre une réserve quant à cette vérité, voire, de la remettre en doute… déployant ainsi  l’ignorance, avouant un manque d’investigation manifeste de la part des journalistes de la chaîne faisant-a priori-preuve d’un détachement effarant face à l’abominable. Ce n’est pas de l’information qui est divulguée ici, mais plutôt de la désinformation! Une erreur choquante que d’utiliser un conditionnel qui n’a pour autre effet que de pousser à l’aphasie et à la procrastination anti-fraternelle et non-solidaire. Ce n’est pas ce que nous sommes en droit d’attendre d’une chaîne d’information conséquente, dans la démocratie qu’est la France, pays des droits de l’homme, prônant le droit à l’insurrection, la liberté, mais aussi l’égalité et la fraternité.

« Je ne pourrai jamais oublier »

Alors, j’adresse ce message à i>Télé et à tous ceux qui douteraient de l’ampleur gravissime de la situation des Rohingyas : en tant qu’avocat, défenseur de Moussa — membre de l’association Barakacity, engagée auprès de la minorité musulmane — je me suis rendu au Bangladesh, j’ai visité ,avec mon confrère de Barakacity et des bénévoles de l’association, des camps de réfugiés Rohingya, j’y ai vu des enfants amaigris, affamés, interdits d’aller à l’école avec les autres enfants, j’y ai vu des femmes et des hommes luttant pour survivre, et pour simplement avoir le droit d’ exister, eux que l’on condamne pour le simple fait qu’ils sont ce qu’ils sont. Et je ne pourrai jamais oublier ! Et si les journalistes avaient fait leur travail, avec professionnalisme et humanité, ils n’auraient pas pu oublier non plus! Je sens comme mes chairs se déchirer  douloureusement quand j’entends ce conditionnel injuste, injustifié, et agressif. Alors la minorité musulmane Rohingya ne « pourrait » pas être victime de crimes contre l’humanité, non : elle l’est. Bel et bien.

Laisser un commentaire