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En Birmanie, les musulmans non-Rohingya sont eux aussi persécutés

Une ONG indique que les persécutions antimusulmans touchent toutes les ethnies en Birmanie, au-delà du génocide qui se déroule contre les Rohingya.

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Alors que la communauté internationale a (enfin) les yeux rivés sur l’État d’Arakan, où le nettoyage ethnique des Rohingya continue, le Burma Human Rights Network (BHRN) indique que les musulmans de Birmanie, quelle que soit leur ethnie, sont victimes de persécutions en hausse ces dernier temps. Cette ONG parle de « persécution systématique » et précise que malgré les avancées en termes de démocratie en Birmanie, la population à majorité bouddhiste a toujours « des préjugés tenaces. » Ces préjugés sont alimentés par le pouvoir actuel d’Aung San Suu Kyi qui, indique le BHRN, « a donné de l’ampleur à un récit dangereux qui qualifie les musulmans de présence étrangère » en Birmanie. Pendant huit mois, les membres de l’ONG ont enquêté et recueilli des témoignage dans une cinquantaine de villes et villages. Et ce qui ressort de ce travail est édifiant : là où certains médias tentent de présenter le génocide des Rohingya comme un problème simplement ethnique, le rapport du BHRN montre clairement que les discriminations à l’encontre de tous les musulmans du pays sont légion.

Des villages « interdits aux musulmans »

Selon le document présenté par l’ONG basée au Royaume-Uni, les musulmans même non-Rohingya sont dans l’impossibilité de se procurer des cartes nationales d’identité. Or, un Birman surpris sans sa carte d’identité risque jusqu’à deux ans de prison. Mais ce n’est pas tout : les musulmans n’ont qu’un accès restreint à des lieux de culte. « Un grand nombre de mosquées en Birmanie ont été endommagées ou détruites entièrement au cours des dernières années, écrit le BHRN. De nombreux rapports ont été publiés montrant que les autorités refusent d’autoriser les musulmans à réparer leurs mosquées. Refuser à un groupe religieux l’accès à un lieu de culte contrevient à un droit fondamental à la liberté d’expression et de religion. » Le réseau dénonce « une stratégie calculée pour nier l’expression religieuse des musulmans » de la part du gouvernement. Enfin, plusieurs villes et villages du pays — au moins 21 — sont interdits aux musulmans. Le tout, précise le BHRN, sous l’influence des autorités birmanes. Des panneaux sont apposés à l’entrée de communes précisant qu’elles sont « interdites aux musulmans. » Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’Iris et spécialiste des enjeux politiques et sécuritaires en Asie du Nord-est, affirmait récemment dans une interview à 20 Minutes qu’il n’y a pas « de volonté de l’Etat birman de chasser les populations musulmanes du pays » et que les musulmans non-Rohingya n’étaient « pas frappées de persécutions. » Les travaux du Burma Human Rights Network semblent démontrer le contraire.

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