En février, l’institution cairote Al Azhar avait nommé 144 femmes prédicatrices, ces dernières ayant désormais la possibilité d’enseigner l’Islam à d’autres femmes. La Belgique pourrait très prochainement faire de même. En effet, l’Exécutif des musulmans de Belgique — soutenu par le ministère de la Justice — réfléchit actuellement à un projet de statut officiel de « prédicatrice ». En 2008 pourtant, l’Exécutif avait bloqué la candidature, à la fonction de troisième imam de la mosquée de Verviers, d’Houarria Fettah en refusant de la recevoir. Mais aujourd’hui, l’institution musulmane belge assure avoir avancé de façon « concrète » sur la mise en place de femmes dans les mosquées grâce au statut de « prédicatrices ». Pour ce faire, il faudra modifier la loi de 1974 sur les traitements des ministres de culte. Mais d’ores et déjà, l’Exécutif des musulmans de Belgique a déterminé le cadre religieux de ces futures prédicatrices : « A l’instar des imams, leur rôle consistera à encadrer la communauté musulmane dans et en dehors des mosquées, à travers des conférences, des prêches, l’écoute des jeunes, etc. », indique ainsi le président de l’institution, Salah Echallaoui. Aujourd’hui, l’Exécutif des musulmans de Belgique compte dans ses rangs une femme, Delphine Laroche, son actuelle secrétaire générale. Mais pour autant, les femmes ne seraient pas autorisées à conduire les prières. « On peut parfaitement être prédicateur sans être imam, même si de nombreux imams sont aussi prédicateurs. Rendre cette fonction accessible aux femmes reviendrait à reconnaître leurs compétences intellectuelles et leurs connaissances religieuses. Mais elles ne seraient toujours pas responsables d’une collectivité », résume au quotidien belge Le Soir Ghaliya Djelloul, spécialiste des questions de genre et de féminisme dans le monde musulman. L’imam de Gand, Khalid Benhaddou, rappelle de son côté qu’« il existe déjà beaucoup de prédicatrices dans le monde musulman, mais le concept est moins connu en Europe » et indique que ce nouveau statut arrive à point car, selon lui, « dans certaines mosquées flamandes et néerlandaises, une certaine féminisation s’est déjà produite. »