Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve réfléchirait actuellement à la mise en place d'un concordat pour mieux gérer l'Islam de France.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, envisage la possibilité de mettre en place un concordat entre l’Etat et l’Islam. Une décision réclamée par la droite depuis plusieurs années.

C’était une des propositions de Gérald Darmanin, maire Les Républicains de Tourcoing, de Jean-François Copé ou encore, de Benoist Apparu : mettre en place un concordat vis-à-vis de l’Islam, comme ce qui se fait actuellement avec plusieurs religions en Alsace-Moselle. Quarante-huit heures après l’attentat du prêtre Hamel, l’idée intéresserait désormais fortement le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui déclare : « Tout en gardant mes principes républicains, je m’interroge sur l’usage vis-à-vis de l’islam d’un concordat tel que celui en vigueur en Alsace-Moselle ». En envisageant ce concordat, Bernard Cazeneuve entend « arrêter de se faire instrumentaliser par la droite sur la question de l’Islam ».

Qu’impliquerait un concordat ?

Historiquement, le Concordat a été promulgué par Napoléon pour, entre autres, encadrer le judaïsme en 1807. S’il s’agit officiellement « de créer les conditions d’une concorde, c’est-à-dire d’une paix durable » entre religion et République, l’idée était surtout de contrôler le judaïsme français en le centralisant et en le hiérarchisant grâce à la mise en place du Consistoire. Or, les musulmans, eux, n’ont pas d’organisation centralisée et hiérarchisée. Certes, le Conseil français du culte musulman (CFCM), mis en place par Nicolas Sarkozy, devait jouer ce rôle. Mais on en est encore loin.

La loi de 1905 ne permet aujourd’hui pas officiellement à l’Etat français de gérer le financement des lieux de culte. Les dirigeants favorables au concordat estiment que ce dernier permettrait d’éloigner le culte musulman des influences extérieures. Jean-François Copé explique par exemple qu’il faut « créer un institut de formation des imams, consacrer la reconnaissance de la communauté musulmane française dans les cimetières, poser le principe d’un programme de construction de lieux de culte musulmans (…) dont le financement serait assuré par un fonds, géré par la Caisse des dépôts et alimenté par les dons des musulmans de France ».

Les sénateurs sont contre un concordat

Le concordat, s’il allait dans ce sens, serait « donnant-donnant », continue Jean-François Copé. En contrepartie, les instances dirigeantes de l’Islam devront, insiste-t-il, s’engager à « défendre les règles républicaines ». Pour Copé, cela implique le fait d’accepter d’interdire le voile ou de réaliser des prêches en français. On ne sait pas, pour le moment, ce que prévoirait le concordat de Bernard Cazeneuve. On sait seulement qu’une telle décision irait à l’encontre du rapport des sénateurs, selon lequel il ne faut pas revenir sur la loi de 1905.

Mehdi Chaouali

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