Pour Karim Benzema, en refusant de le sélectionner pour l'Euro, « Deschamps a cédé à la pression d’une partie raciste de la France. » Un avis qui fait polémique ce matin dans la presse.

Dans une interview à un magazine espagnol, Karim Benzema explique que le choix de Didier Deschamps de ne pas le sélectionner pour l’Euro répond aux pressions de Français racistes.

« Deschamps a cédé à la pression d’une partie raciste de la France. » Voilà la déclaration de choc qui fait la une de la presse sportive ce mercredi matin. Interrogé par Marca, Karim Benzema a chargé Didier Deschamps. Le footballeur, qui a remporté le week-end dernier la Ligue des Champions, explique ne pas comprendre pourquoi il a été écarté de l’équipe de France pour l’Euro 2016 : « Ils m’ont déclaré non sélectionnable, bien. Mais sur le plan sportif, je ne comprends pas pourquoi, et sur le plan judiciaire, je ne suis pas encore jugé et je suis présumé innocent. Il faudra attendre que la justice se prononce. » Il y a quelques jours, Eric Cantona avait écrit, dans une tribune au Guardian : « Benzema et Ben Arfa sont deux des meilleurs joueurs de l’équipe de France et ils ne joueront pas le Championnat d’Europe. Une chose est sûre, Benzema et Ben Arfa ont des origines nord-africaines. Donc, le débat est ouvert. »

Un choix révélateur des scissions de la société

Le secrétaire d’Etat aux sports, Thierry Braillard, a parlé de « propos injustifiés et inacceptables » et a apporté son soutien à la Fédération française de football et à Didier Deschamps. Mais cette suspicion de racisme est de plus en plus évoquée, notamment par l’écrivain François Bégaudeau qui, dans une tribune au Monde, s’est étonné qu’aucun Français d’origine maghrébine n’ait fait partie de la liste des 23 de Deschamps, avant qu’Adil Rami ne soit rappelé suite au forfait de Varane. Selon l’écrivain, le côté sportif n’a pas été le seul critère de sélection. « D’autres paramètres ont prédominé. Ce n’est pas nous qui faisons une fixette sur le sujet, c’est eux », écrit Bégaudeau, qui s’étonne de ce choix « très révélateur des scissions contemporaines que cette stratégie de communication assume le risque de casser le lien entre les Bleus et la population maghrébine. » Jamel Debbouze avait, lui, estimé que « Karim Benzema, et par extension Hatem Ben Arfa, payent la situation sociale de la France d’aujourd’hui. »

Yassine Bannani

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