L’affaire date du 3 septembre. Mais il a fallu attendre plusieurs semaines avant qu’elle n’éclate dans les médias. Après l’exclusion de trois femmes musulmanes voilées bénévoles des Restaurants du Cœur en 2012, un nouveau cas d’exclusion a été révélé par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). «

Les discriminations islamophobes ferment des portes dans le monde du travail aux femmes musulmanes. C’est aussi vrai dans le monde associatif. C’est dire à quel point l’islamophobie touche toutes les sphères de la vie des femmes musulmanes », écrit le CCIF qui raconte l’histoire d’une femme qui, dans l’antenne toulonnaise de l’association, a été exclue à cause de son voile qui « dérangeait certaines personnes venant dans cette association ».

Une posture que les Restos du Cœur assument pleinement, mettant en avant leur « charte d’engagement des bénévoles » qui « précise (leur) exigence de neutralité politique, syndicale ou religieuse ». Pour les Restos du Cœur, il est normal de ne pas accepter « de signes religieux ostentatoires parmi les bénévoles ». Mais, précise l’association créée par Coluche, « cela ne vaut évidemment pas pour les personnes que l’on accueille dans les centres, qui peuvent venir comme elles l’entendent ».

Une charte, selon le CCIF, « discriminatoire ». Le collectif estime que « l’indépendance à l’égard du politique et du religieux concerne la structure associative et non les bénévoles qui offrent de leur temps et de leur service ». Or, continue le CCIF, « cette indépendance doit garantir justement que la structure ne discrimine pas ses bénévoles en raison de leur confession religieuse ».