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Belgique : avec « Molengeek », Ibrahim Ouassari fait naître les talents de Molenbeek

Ibrahim Ouassari a mis sur pieds un incubateur de start-up, « Molengeek ». Il entend donner accès aux jeunes au monde de la technologie et lutter contre le chômage à Molenbeek.

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Ibrahim Ouassari, 39 ans, a grandi et a toujours vécu à Molenbeek en Belgique. Il y connaît bien la jeunesse de cette commune de la région bruxelloise, devenue tristement célèbre pour avoir abrité plusieurs des auteurs des attentats à Paris et Bruxelles. 

Ancien éducateur à la fin des années 90, il a toujours eu à coeur de venir en aide aux jeunes des quartiers populaires. Lui-même est d’abord passé par un parcours scolaire un peu chaotique, avant de fonder avec la française Julie Foulon « Molengeek » : un incubateur de start-up et centre de formation aux technologies numériques. 

« J’ai arrêté l’école à 13 ans car je ne m’y reconnaissais pas. Mais très vite je me suis intéressé à l’avenir des jeunes de mon quartier et je suis devenu éducateur à temps plein, dès 18 ans. Il fallait emmener les jeunes au cinéma, au bowling, en voyage. J’ai démissionné car ça n’avait pas de sens. Les loisirs ne suffisent pas. Les jeunes arrivent à un stade de leur vie où ils veulent faire pleinement partie de la société », explique t-il. 

« Je suis devenu consultant en informatique, alors que je n’avais même pas le bac »

Puis Ibrahim travaille ensuite en interim dans une société de câblage informatique. C’est là qu’il y découvre petit à petit le monde de l’internet. Il y apprend sur un forum comment créer un site, et se lance ensuite en indépendant, montant plusieurs sociétés en informatique. 

« Je suis devenu consultant en informatique, alors que je n’avais même pas le bac. Je suis maghrébin, sans diplôme, et issu d’un quartier réputé difficile. Mais les nouvelles technologies offrent de réelles opportunités », assure t-il.

Une réussite personnelle qui va inspirer de nombreux jeunes de son quartier, qui le questionnent alors sur les études à poursuivre pour entamer le même parcours que le sien. 

« Il y a des écoles spécialisées mais je leur ai conseillé de se former aussi par eux-mêmes, via des plateformes de e-learning par exemple. Mais j’avais dû mal à convaincre les jeunes qui avaient décroché et pensaient qu’il n’y avait plus de solution pour eux ». 

C’est de là que germe petit à petit l’idée de Molengeek. Après plusieurs évènements organisés pour aider les jeunes dans leurs projets de start-up, l’incubateur ouvre en mars 2016. 

Une formation pour apprendre à coder, gratuite et ouverte à tous

Dès l’ouverture, Molengeek est un vrai succès et attire les Bruxellois. Mais l’entrepreneur se confronte alors à un nouveau défi. Comment aider tous ces jeunes dont la majorité arrivent sans projets ni compétences techniques ? 

Il décide alors de fonder également une « coding school », une formation de 6 mois pour apprendre à devenir développeur, ouverte à tous et gratuite. 

« Nous n’avons que 15 places disponibles par promotion. Mais la sélection se fait uniquement sur la motivation. Nous demandons juste en échange aux jeunes, de s’investir dans la communauté Molengeek ». 

En effet, Ibrahim Ouassari considère Molengeek comme un réel « écosystème », de part toutes ses activités. Désormais, grâce entre autres aux sponsors de Samsung, Google, et un budget alloué par le gouvernement fédéral, Molengeek se développe de plus en plus. 

L’espace abrite 25 start-up dans son incubateur, accueille plus de 180 personnes chaque jour et de nombreux évènements. C’est là qu’est par exemple né Molenbike, une entreprise de vélos qui livre des produits frais et bio dans les différents quartiers de Bruxelles, ou encore QuickLyric, une sorte de Shazam. 

Un succès qui a même attiré la curiosité du roi de Belgique, venu leur rendre visite en 2017. L’équipe de Molengeek a également présenté ses projets à Google et Facebook aux Etats-Unis. 

Molengeek, surnommée la « Silicon Valley belge »

Ce n’est pas un hasard donc, si Molengeek est aujourd’hui souvent appelée la « Silicon Valley de Belgique ».

« Pour créer une Silicon Valley, le plus dur n’est pas de se procurer le matériel ou de trouver un bâtiment. Ce qui importe le plus, ce sont les ressources humaines. Ici, à Molenbeek, avec 40% de chômage chez les 18-25 ans, les talents nous les avons », souligne Ibrahim avec fierté. 

Un pari plutôt réussi, pour celui qui voulait rendre le monde des technologies moins élitiste. « On arrive à intéresser des jeunes sur qui personne ne misait, à en faire des plus value pour la société », se félicite t-il. 

Un peu grâce à lui, l’image de Molenbeek ternie par l’actualité, se défait des préjugés. Mais Ibrahim Ouassari rappelle que cela n’a jamais été son objectif. 

« On ne travaille pas pour l’office du tourisme. On bouge les lignes, on change les choses. Si ça fait du bien à Molenbeek, tant mieux, mais on ne l’a pas fait pour ça ».  

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